- Marc Villemain -

Cyclothymies, fluctuations, paradoxes et autres angoisses...

mercredi 4 avril 2007

Marty Friedman au Trabendo : mortel ! (comme on le dit de l'ennui)

DSC00251Il semble que les queues de cheval eighties qui aimèrent en leur temps ce navet culte que fut Top Gun se soient données rendez-vous hier soir au Trabendo, à la Villette. Y était annoncé Marty Friedman, guitariste américain tombé dans la guitare après avoir passé sa jeunesse à écouter Kiss et les Ramones - et avant de connaître le succès quasi planétaire avec Megadeth. Eh bien ce fut très, mais vraiment très ennuyeux. Les quelques amateurs de guitare qui, bouche bée au premier rang, tentaient de relever quelques accords ou positions, devraient passer à autre chose : décidément, Friedman n'est pas le Coltrane de la guitare heavy. Je suis un peu sévère, mais deux petites heures en sa compagnie suffisent à constater qu'il n'a rigoureusement rien inventé. Quant à ceux (c'est un peu mon cas...) qui avaient juste envie de regarder cinq doigts descendre le manche d'une six cordes à la vitesse de la lumière et d'en prendre plein la poire, ils peuvent également trouver motif à déception. Ce qui manque le plus à ce guitariste (dont je ne voudrais tout de même pas laissé entendre qu'il n'a pas de talent, car il a indiscutablement une technique et une oreille), c'est l'inventivité. Celle de son jeu comme celle de sa musique, qui s'avère très convenue - globalement, un mélange de vieux rock hyper-speedé et d'harmonies sirupeuses dont on se dit qu'elles auraient pu faire la bande-son de Deux flics à Miami ou de Dawson.

Outre que le beau Marty est un peu agaçant, genre petit teigneux prétentieux qui jette son médiator au public chéri après chaque solo et ponctue toutes ses phrases d'un all right compulsif, sa musique est aussi lourde qu'une plaquette de beurre distillant ses graisses dans un kouglov - bon, d'accord, je sacrifie un peu au plaisir du bon mot. A sa décharge, il faut dire qu'il prend le risque d'un genre assez peu usitée dans le heavy : l'instrumental. Or il faut pour cela ne pas tomber dans le piège qui consiste à jouer le thème à la guitare comme s'il était chanté, sauf à ce que le thème soit particulièrement inspiré, ce qu'il est rarement ici. Il y a certes quelques bons moments, quand Friedman lâche un peu son jeu et allège une musique dont la caractéristique principale est tout de même d'être très excessivement carrée, ne laissant pour ainsi dire aucune place à l'aléa de la liberté. Il est heureusement soutenu par le second guitariste (Ron Jarzombek), moins connu, plus réservé, mais au jeu très appréciable, aussi vif et précis que celui de la star. Pour ce qui est des autres, mon vieux complice Lionel, qui s'acharne, non sans un certain sens du sacrifice, à m'accompagner dans mes errances metalleuses, me fit remarquer que le bassiste (dont l'instrument semble être doté de deux cordes superflues) a l'air d'avoir été croisé avec un bouledogue. Quant au batteur, dont les tatouages font office de tee-shirt, il joue exactement comme le ferait un métronome : c'est une enclume qui aime le bruit (les fûts), et assez peu la finesse (les cymbales).

Je le disais, la musique exclusivement instrumentale est un défi pour les musiciens de metal. Ne parviennent à le relever que ceux dont la culture est plus large sans doute que celle de Marty Friedman et qui se sont ouverts à d'autres horizons que le seul rock US. On peut penser ici à ce vétéran qu'est Uli Jon Roth, même si son amour de Vivaldi est parfois un peu écoeurant : au moins est-il sincère, grand musicien, fin compositeur, et n'hésite-t-il pas à sortir des sentiers battus. On peut penser aussi aux longs passages instrumentaux de Dream Theater, parfois un peu tarabiscotés, mais empruntant plus ou moins consciemment à un jazz-rock qui leur permet d'ouvrir largement la palette sonore et de se jouer des registres harmoniques. Toutes choses qui, hélas, font défaut à Marty Friedman, dont nous attendons toujours le grand oeuvre - et au passage la preuve qu'il aime autant la musique que son instrument.

Son nouvel album s'appelle Loudspeaker. Voilà qui convient parfaitement.

Posté par marc_villemain à 12:06 - Mélomanie - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Juxtaposition... Le moineau la dernière note, le sauvage aujourd'hui... L'obscure clarté de Marc V.

Posté par Augustin, jeudi 5 avril 2007 à 11:30

Ha ha ! Décidément, vous ne vous y faites pas, à mes "errances metalleuses"... ! Et je confesse que vous n'êtes pas seul à ne pouvoir vous y retrouver dans mon "obscure clarté" ; moi-même, parfois...

Posté par Marc Villemain, jeudi 5 avril 2007 à 12:28

Pentatonique !

Haha, excellent compte-rendu de concert.

Petite remarque de batteur pas très finaud : la cymbale peut être trop lourde (abus de crash, charley ouvert tout le temps et donc inconsidérément, shuffle à la ride - ah je déteste le shuffle !) et les fûts peuvent se caresser, cf. les gens derrière James Brown ou encore le batteur de Sly & Robbie (je ne sais jamais lequel des deux est le batteur, justement, Sly Dunbar je crois : eh ben ce qu'il fait avec la caisse claire c'est d'une subtilité pas croyable).

La juxtaposition entre la musique (du metal instrumental ! des descentes de manche !) et la finesse de la langue employée est savoureuse.

Posté par Nikita, jeudi 5 avril 2007 à 19:06

Gérer le paradoxe... A la manière de Diderot.

Posté par Augustin, samedi 7 avril 2007 à 00:42

NIkita

Merci pour cette petite leçon de drummer invétéré...
Et merci pour les saveurs...

Posté par Marc Villemain, mercredi 11 avril 2007 à 10:43

décevant... oui

Décevant... oui de voir des types comme toi qui se permette de critiquer minablement et si facilement... beurk

Posté par Faun, samedi 14 avril 2007 à 23:17

La critique ne me paraissait ni si minable, ni si facile, et croyez bien que j'aurais moi-même voulu avoir autre chose à dire de ce concert. Et j'ai pris soin, si vous m'avez lu, de ne pas disqualifier l'ensemble du concert, ni des musiciens. En revanche, votre commentaire, lui, me semble empreint de quelque facilité, puisque vous n'étayez en rien votre mauvaise humeur. Et concédez que "beurk" ne nous renseigne guère. Comme disait un vieux professeur : un peu court, jeune homme !

Posté par Marc Villemain, dimanche 15 avril 2007 à 09:14

...

En effet, un peu court, c'est vrai que ça m'agace ce genre de critiques, que tu n'aimes pas sa musique est une chose mais de dire qu'il n'a rien inventé... et qu'il n'est pas créatif, as tu écouté ses albums entièrement et à plusieurs reprises? Connais tu l'intégralité des albums de Megadeath? J'écoute beaucoup de sons différents et je trouve que Marty Friedman fait passer pas mal d'émotions aux travers de ses notes, écoutes Forbiden city par exemple... Enfin je comprends que tu n'aimes pas, moi même je n'ai pas aimé le premier guitariste, très bon techniquement mais très synthétique comme musique, ça me rappelais SONIC sur Megadrive by Sega, mais Marty Friedman reste pour moi une figure du mouvement Métal. D'ailleurs j'aurais aimé voir plus de monde au Trabendo...

PS : Comme disait un jeune élève : "pff, il est beau lui".

Posté par Faun, lundi 16 avril 2007 à 09:26

Peut-être est-ce simplement l'idée même de la critique, et non celle-ci en particulier, qui vous agace... ?
Je connais, oui, bien sûr, les albums de Friedman et de Megadeth (sans a, ce qui signifierait autre chose...). Et j'ai pu ou su y apprécier certaines choses, ces mêmes choses que je n'ai nullement retrouvées lors de ce concert. De la même manière que, "si je n'aimais pas sa musique", je n'aurais pas pris la peine du déplacement.
Au-delà des goûts et des couleurs, qui, comme le veut la formule, "ne se discutent pas", il me semble, à moi, indiscutable que Marty Friedman a manqué d'inspiration, d'imagination et d'émotion (le plus souvent feinte, dans la posture archétypale du guitar-heroe). Son jeu était assez mécanique, harmoniquement très faible, et s'est contenté d'être une extension des accords du blues. Je répète, et je l'écrivais dans le message, cela ne lui enlève pas certaines qualités. Mais là, avec un peu d'honnêteté, je suis certain que vous parviendrez à accepter que, non, décidément, il n'invente rien. Ni sur le registre de la composition, ni sur celui de la technique.
Marty Friedman laissera peut-être une trace dans l'histoire de la guitare metal (mais il y en aura bien d'autres avant lui), mais aucune, soyez-en sûr, dans l'histoire de la guitare. Je ne m'en réjouis pas spécialement ; si vous lisez mon blog, vous verrez que je n'ai pas la critique facile, et que je ne déteste rien d'autre que la démolition pour le plaisir. Cela n'interdit pas le mouvement d'humeur, et je n'y peux rien si Friedman en suscité un...
PS / Je ne comprends pas ce que voulait dire ce "jeune élève"... (??)

Posté par Marc Villemain, lundi 16 avril 2007 à 10:49

"Ne parviennent à le relever que ceux dont la culture est plus large sans doute que celle de Marty Friedman et qui se sont ouverts à d'autres horizons que le seul rock US": en lisant cette phrase, je ne peux m'empêcher de dire que tu ne connais certainement pas bien le personnage et sa musique. Alors fais un tour de ses albums, va sur son site pour découvrir son incroyable eclectisme (pour info, il participe depuis un moment maintenant à un show TV où il joue avec des artistes de tous bords et dans tous les styles). Je veux bien que tu n'ai pas aimé le concert ou que tu émettes des critiques mais taxer Marty Friedman de n'être ouvert qu'au rock US, c'est l'insulte typique de quelqu'un qui ne connait pas grand chose à son oeuvre...

Posté par Paul, jeudi 26 avril 2007 à 10:57

Il est plaisant de constater que les exégètes autoproclamés du metal et autres gardiens du temple usent en permanence de l'argument de l'inculture supposée de leurs contradicteurs... Si ce que vous dites est vrai, alors tenons-nous en au fait : dans ce dernier album, les influences de Marty Friedman (que je sais riches, plurielles, contradictoires et nourricières) ne se font pas entendre. Alors oui, cet album est assez proche d'un rock US de facture classique. Ce qui, au demeurant, ne saurait constituer une injure.

Posté par Marc Villemain, jeudi 26 avril 2007 à 11:14

hé bien...

Je tiens tout d'abord à préciser que ce concert j'y était, et bien placé, et j'ai énormément apprécié. Je ne vais pas cacher que je suis un grand amateur de musique instrumentale, et qui plus est quand il s'agit de hard. Vous vous plaignez d'avoir entendu des extensions d'accord de blues, et de la musique simple?
désolé coco, il fallait aller voir un concert de jazz fusion, ou l'autre groupe que vous évoquez, les ennuyeux au possible dream theatre.
vous venez d'assister à un concert de rock, qui par definition est simple et rentre dedans, ou a la rigueur lent et emprunt de sensibilité, comme le prouve les nombreuses "power ballades" qu'on peut entendre dans le genre.


Je trouve votre critique vraiment trop négative, et je n'apprécie pas qu'on descende en flèche quelqu'un qui s'est donné du mal et qui a produit un très bon show. Je n'invoquerai pas le manque de culture, car vous semblez renseigné sur le sujet. Mais pratiquez vous la guitare? j'en pratique depuis suffisamment de temps maintenant, et j'ai suffisament fréquenté ce milieu pour affirmer que Marty Friedman a laissé une trace, indélibile qui perdure et qui inspire de nombreux musiciens. Sa sensibilité est exceptionnelle, et ses viratos de notes sont réputés (et à juste titre) être parmi les plus beaux et expressifs. Vous trouvez que ça manquait de sensibilité, de ce sacro-saint "feeling"? vous écoutiez bien quand il a commencé à jouer "namida"? ou encore le sublime "thundermarch"? avez vous vraiment prit la peine d'écouter quand "dragon mistress" a retenti? ou alors vous étiez déjà en train de penser à la meilleure manière de descendre un guitariste issu des 80's et qui a eu l'honneur d'écrire parmis les plus beaux solos du heavy metal? "the ninja" de cacophony? "forbidden city" de son album solo? "tornado of souls" de megadeth?


Quand au batteur, on peut aimer ou pas son jeu, (je confesse qu'il ne s'agit pas de Virgile Donati ou Vinnie Colaiuta) mais sachez que peu de gens peuvent jour comme lui. Techniquement et physiquement, frapper comme celà ses fûts, a cette vitese, avec cette précision, c'est pas donné au commun des batteurs de rock/metal/hard (car je re-precise ici qu'il s'agit bien de ce style de musique)

Je crois vraiment que vous avez pris un malin plaisir a casser quelqu'un (et son groupe) qui ne vous plait pas. votre commentaire est vraiment peu objectif, et me laisse penser que vous êtes juste un râleur de plus. heureux de lacher sa bile là ou c'est facile.

Posté par Adrien, jeudi 28 juin 2007 à 00:39

Décidément, il n'est pas aisé de critiquer la musique quand il s'agit de celle des "metalleux"... C'est là une constante que je ne cesse, hélas, de vérifier. Et qui désole celui qui, comme vous, a, de longues années durant, écumé ce milieu.

Vous appelez ce que j'ai écrit là "une descente en flèche" ? Mon dieu, mais que lisez-vous donc par ailleurs ? Une critique dubitative, rude parfois mais fondamentalement humoristique, toujours polie et respectueuse de la musique, d'où quelle vienne, doit-elle susicter un tel agacement ? Vous sombrez dans le religieusement correct ou quoi ?

Relisez-moi, donc. C'est la seule chose à laquelle je puisse pour l'heure vous inviter. Et si vous acceptez de laisser un peu de place à votre esprit critique, vous constaterez :

1. Que ce n'est pas une descente, ni en flèches, ni en flammes : une telle descente n'aurait pas même laissé une virgule de nuances. Or je dis aussi quelques petites choses du talent du Marty, et relève même de bons moments - en expliquant ce qui, pour moi, en fait de bons moments.

2. Qu'il me semble difficile de rétorquer à la principale critique que je lui adresse : le défaut d'inventivité. Je peux aimer écouter du rock "simple et rentre-dedans", tout en en regrettant parfois le peu d'inventivité ; ce n'est pas incompatible, je suis sûr que vouz arriverez à le comprendre.

3. Que j'y suis d'une courtoisie à toute épreuve - eh non, je ne suis pas votre "coco".

4. Qu'il y a, dans ma critique même, une critique de la critique. Mais aurez-vous assez d'humour sur vous-même et de perspicacité sur votre objet pour le constater ?

5. Que la formation musicale d'un auditeur ou d'un spectateur ne doit pas le conduire à juger d'une musique au seul prisme de son instrument de prédilection. Pianiste par ailleurs, je ne vais pas juger de la qualité de la musique des Pink Floyd, de Pat Metheny (ou de Dream Theater, puisque vous les évoquez) au seul usage qu'ils font de leurs synthés. De Bach, figurez-vous que j'écoute davantage ses Passions que le Clavier Bien Tempéré.

6. Que l'époque de "Cacophony" (et là, une fois n'est pas coutume, je vous rejoins) me semble, en effet, autrement riche, complexe, novatrice, et... inventive (vous voyez...). Et je profite de l'occasion pour souligner un deuxième trait qui nous réunit : comme vous, je suis très amateur de musique instrumentale dans le metal.

7. Qu'il me semble difficile, à la lecture de votre commentaire, de vous attribuer à vous-même l'objectivité que vous me déniez... Qui plus est, j'attends toujours qu'on m'explique ce que peut bien signifier "l'objectivité" dans l'appréciation musicale.

8. Que j'ai le droit de douter (et de dire, et d'écrire), que Marty Friedman puisse laisser une trace dans l'histoire de la guitare. Je l'ai dit dans une réponse à un autre commentaire, je pense qu'il en laissera une dans l'histoire de la guitare metal, certainement pas dans celle de la guitare. Ce n'est nullement une insulte, tout juste le soulignement d'une limite qui me semble assez évidente.

9. Que je n'aurais pas dépensé un centime juste pour aller prendre le "malin plaisir" d'une critique sur mon tout petit blog. Je me suis rendu à ce concert avec un plaisir anticipé. Ai-je le droit d'avoir été déçu ? Ou tout "metalleux" doit-il seulement se recueillir et jouer les béni oui-oui lorsqu'il va écouter ses idoles ?

10. Que si vous êtes un tout petit peu curieux d'autre chose que de metal et que vous prenez un tout petit peu de temps pour parcourir ce blog, vous constaterez qu'on peut me faire pléthore de reproches, mais certainement pas celui d'éprouver un quelconque plaisir à "casser" quelqu'un. Le monde me désole suffisamment par ailleurs pour que je ne me satisfasse pas de "lâcher ma bile" pour un simple concert de rock.

Au plaisir de vous lire. Et quelles que soient nos différends décisifs, fondamentaux, philosophiques et religieux : bonne soirée. MV

Posté par Marc Villemain, jeudi 28 juin 2007 à 01:33

1. Vous donnez l'impression de vous être forcé a rédiger une partie "bon moments". Histoire de donner une sorte d'équilibre à votre commentaire.

2. je ne suis pas d'accord en ce qui concerne votre constat (attaque?) sur son manque d'inventivité. Ses mélodies sont novatrices, alliant quelque soit l'époque, et toujours subtilement la musique japonaise (games kumoï, hirajoshi, kokin joshi et consorts) et le heavy rock.

3. Je vous pris d'excuser mon langage si peu correct. Mais j'apelle tout le monde mon coco. c'est pas correct, mais désolé pour vous mon coco.

4. je manque cruellement d'humour, c'est une constante. en revanche, votre esprit critique est peut être trop critique, ou fermé au commun des mortels, ce qui empêcherai alors d'apprécier votre ô combien agréable a lire prose.

5. la formation musicale n'a certes rien à voir avec le fait d'apprécier une mélodie ou une musique, mais il convient d'apprécier à sa juste valeur ce qui est, et vous ne puvez nier que sans connaitre un instrument, il est difficile de faire la critique la plus objective possible (là aussi, une fois n'est pas coutume, je conçois qu'on ne puisse être totalement objectif en musique)

6. Si la musique instrumentale metallique vous plait, jetez donc une oreille sur l'ensemble de ce qui se fait dans le domaine, allant de l'atmospherique groupe PELICAN aux plus obscurs groupes de black metal, et faites bien pose sur la case "guitar heroes" vous verrez alors que Marty se démarque totalement en solo de ce qui peut se faire partout ailleurs.

8. Il me semble que vous insultez surtout les fans de Marty qui se saignent les doigts pour essayer de jouer ses morceaux et compositions. Il a beau ne pas aller aussi vite que Jason Becker, être autant inspiré du classique qu'Yngwie Malmsteen, se servir de son vibrato comme Steve Vai ou encore faire du tapping comme Eddie Van Halen, je vous assure que sa marque dans le monde de la guitare est bien vivante. Il a quand même inventé un nouveau genre, comme je le disais a base de hard et de musique traditionnelle Japonaise. Il est bien plus respecté que ne laisse supposer sa peu développée carrière en territoire française.

9. à voir votre blog vous me semblez cultivé, et ayant la présence d'esprit de faire des découvertes. Le fait que vous soyiez allé a ce concert ne me suprend pas, mais de mon point de vue, il semble que vous soyiez parti plein de préjugés, et une fois déçu par rapport a ce que vous vous étiez imaginé, vous vous êtes "braqué" en essayant de noter chaque point suceptible d'être criticable.


10. bien, j'ai vu. mais il me semble évident que la critique vous sied à merveille.




bonne soirée de même

Posté par Adrien, jeudi 28 juin 2007 à 02:27

Comme nous ne souhaitons, ni vous, ni moi, perdre trop de temps, je ne vous répondrai pas point pas point mais tenterai une (improbable) synthèse...

Marty Friedman est un guitariste estimable, voire davantage, et je ne me suis pas forcé à l'écrire simplement pour respecter je ne sais quelle déontologie d'équilibre. S'il ne l'avait pas été, je ne serais pas allé l'écouter. Il se trouve simplement que :

- d'une : son jeu (pas dans l'absolu, mais lors de CE concert) m'a paru assez convenu, fût-il efficace, et qu'il négligeait la palette musicale assez vaste qu'en effet on lui connaît.

- de deux : je n'ai pas beaucoup aimé sa posture, ses mimiques de rocker teigneux - je crois qu'on peut faire de la musique dure sans gonfler les pectoraux. En gros, c'est pour moi une sorte de faute de goût.

- de trois : le musicien vaut mieux que sa musique. Autrement dit, je le trouve bien meilleur guitariste que compositeur, et trouve un peu dommage en effet qu'un musicien de ce niveau serve une musique parfois un tantinet convenue - ce qui ne fut pas toujours le cas, et j'en reviens à "Cacophony". Et je l'ai trouvé par ailleurs très moyennement accompagné (excepté Ron Jarzombek, comme je l'ai écrit, dont j'ai apprécié à la fois l'humilité scénique et la subtilité en tant que second guitariste.)

Evidemment, un musicien de cette notoriété s'attend toujours à ce que la critique, comme les spectateurs, soient plus exigeants que pour l'ordinaire. Fort heureusement pour eux, les artistes y sont d'ailleurs et bizarrement moins sensibles que leurs fans, qui se révèlent souvent plus susceptibles. C'est l'envers de la médaille pour tout artiste qui sort un peu du lot : on lui pardonne plus difficilement un écart, une prestation moins éclatante, un livre moins abouti, un film plus circonstanciel, une pièce mal ficelée, etc.... Et c'est injuste, c'est vrai. Mais c'est précisément parce qu'on les sait plus talentueux et plus accomplis qu'ils ont créé cette attente - et cette exigence.

Enfin, il va de soi que, si j'avais blessé tel ou tel "fan", j'en serais désolé, car telle n'était pas mon intention. Cela étant dit, mais je l'ai suggéré plus haut déjà, et cela vaut pour toutes les musiques et tous les arts, les fans devraient parfois faire preuve d'un peu plus de recul. On doit pouvoir émettre des critiques sur leurs héros sans pour autant faire figure de "râleur" trop "heureux de lâcher sa bile" (et quel intérêt aurais-je eu à cela ? pour quoi faire ? je n'ai rien contre Marty Friedman !).

J'ignore si la critique me sied à merveille - mais j'apprécie le compliment... Ce que je sais, c'est que je critique, au sens analytique du terme, des livres ou des musiques ou des pièces pour lesquels j'ai, a priori, de la sympathie. Mais j'y suis toujours sincère, personnel, "subjectif". Moyennant quoi, il est possible qu'une déception puisse alors s'exprimer. Si elle n'est pas trop grossière, ou sotte, ou absolument et définitivement infondée, il faut pouvoir l'entendre et l'accepter.

Croyez bien que je n'ai pas envers la critique d'amitié spontanée. Auteur moi-même, j'ai bien sûr pu essuyer la critique (légitime, puisque je m'expose), mais j'ai aussi une petite idée de ce que signifient et impliquent la création et le processus créatif. Aussi cultivé-je un respect immédiat et authentique pour tout artiste qui se voue à son art et tente de faire oeuvre de manière personnelle et originale.
Ici, pour un simple concert de rock, fût-il de Marty Friedman, et sur un blog par ailleurs on ne peut plus confidentiel, j'ai pensé que je pouvais faire preuve d'un peu de légèreté et d'humour sans pour autant ne rien dire ou me contenter de remarques faciles ou désagréables, et sans omettre d'étayer quelques arguments ou de reconnaître certaines qualités évidentes. Manifestement, j'ai échoué...

A vous - MV

Posté par Marc Villemain, jeudi 28 juin 2007 à 11:33

Une identité...

Je suis un grand fan de Marty Friedman de par la beauté de ces compositions et de la trés grande richesse de son jeu .Ce mec a un touché reconnaissable entre mille ,des phrasés teintés d'influence orientale par si par là .Certe aucun de ces albums solo n'est incroyable (exepté peut-être "Scenes"et "introduction" vraiment envoutant et surprenant à eux deux )il y a toujours un hic quelque part et cela est vrais et surement dut à un manque d'inspiration .Meme sur l'exellent "Dragon's Kiss" tout n'est pas parfait et encore moins sur les autre.Etre objectif c'est avoir la faculter de critiquer quelqu'un en reconnaissant ces qualités et ces defauts .Je suis actuelement élève au M.A.I
et c'est des artistes comme Marty Friedman ,Jason becker ,shawne lane ,buckethead et d'autres qui mon
incité à faire carrière dans la musique bien que ca soit trés dur ,car ce son des gens qui véhicule l'idée de rêve mais un rêve si on s'en donne la peine accessible.Sur ce a la prochaine.

Posté par Five-number, lundi 7 janvier 2008 à 21:44

Five-number

A l'aune de ce que vous attendez d'une critique objective, je conclue donc que la mienne vous aura convenu - en dépit de nos divergences de goût, sans importance -, puisque j'aurai reconnu, à l'intérieur même de ma critique, les qualités intrinsèques du Marty. Enfin, je précise, une nouvelle fois, que je critiquais CE concert-ci, non autre chose ; or une grande figure telle que lui a bien le droit de donner une prestation moyenne, à tout le moins en-dessous de son niveau ou des attentes qu'il a ou aura suscitées. C'était, à mon humble, le cas ce soir-là. MV

Posté par MV, mardi 8 janvier 2008 à 17:40

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