jeudi 19 avril 2007
Marc Bernard à hauteur d'homme

Est-ce manque de générosité, d'enthousiasme ? Peut-être. Nihilisme plutôt et regard sans indulgence sur notre condition humaine. En un mot comme en cent, mes profondes joies ne viennent pas de l 'homme, mais du retour à une vie primitive, où c'est le corps tout entier qui jouit. Mes maîtres à penser sont le soleil et la mer. Ma joie découvrant la neige l'an dernier, au Tyrol, a été aussi sans mesure. J'étais pendant dix jours ivre de blancheur, de scintillement. Que peuvent m'apporter les hommes, comparés à ça ?
Marc Bernard, dans une lettre à Jean Paulhan.
Commentaires
Errare humanun est
On ne regarde pas la mer et le soleil comme on regarde les humains. Tout est là. Je suis ivre de la mer et je ne lui demande pas de modifier ce qu'elle est. Concernant les humains, n'attendons-nous pas toujours un retour autre que celui de la simple contemplation que nous avons pour la nature ? L'expérience, la mémoire, la pensée et l'action se renouvellent sans cesse avec les humains et si nous savons nous observer en dehors de cette spirale sans fin, peut-être nous sera t-il possible de découvrir la nature de la pensée.
En face de la mer, je suis libre.
IL faut contempler la mer comme on contemple les hommes. Se contempler soi - même comme on contemple la mer.
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