- Marc Villemain -

Cyclothymies, fluctuations, paradoxes et autres angoisses...

mercredi 19 septembre 2007

Encore un matin

Une certaine manière de marcher, très lente, surtout au matin, dans la rue, ne jamais regarder devant soi mais au loin, vers et par-delà l'horizon, parfois vers la cime des arbres ou les fenêtres des derniers étages, ou carrément les yeux sur les godasses, et toujours en rasant les murs, surtout en rasant les murs, dans tous les sens du terme, et toujours très lent, laisser passer les gens, les vieilles et les enfants, les enceintes et les sœurs, les p'tits loulous et les bobos, même les animaux parfois, par politesse oui peut-être mais surtout pour ne pas déranger, pour ne pas être vu, marcher et s'effacer, et claudiquer, presque, à force de lenteur, et retarder l'éveil à la foule, au monde, laisser passer surtout, s'incliner, dare-dare déposer les armes.

Posté par marc_villemain à 10:38 - Ce qui me domine - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Cette manière de non lieu, d'ailleurs, d'absence au monde, comme une sorte de renoncement implicite, entre le très bas et le très haut, entre l'à-côté et à l'en-travers... Un périèque de la réalité...

Posté par Augustin, mercredi 19 septembre 2007 à 12:08

ou pour être invisible car affolée par les autres, sans toutefois leur en vouloir
pour être dans un monde parallèle, un ailleurs où l'on peut être sans y paraître

Posté par Françoise B, mercredi 19 septembre 2007 à 17:45

ou pour être invisible car affolée par les autres, sans toutefois leur en vouloir
pour être dans un monde parallèle, un ailleurs où l'on peut être sans y paraître

Posté par Françoise B, mercredi 19 septembre 2007 à 17:48

Fermer les yeux sur "le monde" est parfois salutaire...Et puis de toute façon, même accompagnés, nous sommes seuls...

Posté par Muriel, mercredi 26 septembre 2007 à 09:16

Arrêter de juger les autres, de juger l’Univers, de juger sa place dans l’Univers. Arrêter de penser et se laisser pénétrer par le choses les plus simples, sans penser, sans juger. Comme nous le faisions étant enfants.
Arrêter de courir après un destin que nous n’avons pas vraiment choisi. Se transformer en arbre. Se transformer en pierre. En n’importe quoi d’autre que soi.
Marre d’être soi.
Etre autre chose.
Ne plus être rien.
Ne plus exister.
Arrêter de penser.
Arrêter de souffrir.

Posté par pascal c, jeudi 27 septembre 2007 à 15:49

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