mercredi 3 octobre 2007
L'écrivain
Désolation paradoxale de l'écrivain : être aimé davantage pour ce qu'il écrit que pour ce qu'il est.
Commentaires
Bah heureusement... Connaît-on un écrivain d'exception à la hauteur de son oeuvre? Victor Hugo, peut-être (mais je n'aime pas Hugo, à part le poète de Demain dès l'aube).
La littérature comme sublimation , un truc classqiue: on est toujours moins sublime que ce que l'on écrit.
Pas de paradoxe là-dedans: juste la logique totale.
Non pas vraiment parce que ce qu'il écrit c'est lui.
Augustin
J'entends bien. C'est pourquoi je ne parlais pas ici de logique, mais de désolation.
Alcazar
C'est lui, et ce n'est pas lui... De lui, il écrit que ce qu'il ne peut pas être ; son être fantasmé, ou sublimé, si vous voulez...
Fallait être un écrivain "nombriliste", ne parler que de soi, de ses états d'âmes, de ses douleurs.;-)
Et puis c'est une chance de pouvoir écrire ce que nous ne pouvons pas être...
Pour qui est-il ce qu'il est ? Par qui voudrait-il être aimé davantage ? N'est-ce pas un peu stéréotypé ?
Françoise B.
Il va de soi que votre remarque est juste si l'écrivain pense ici à ses lecteurs : alors, oui, une telle remarque serait stéréotype. Mais il va de soi aussi qu'elle ne signifie pas ou n'induit pas la même chose si elle concerne une personne qui n'est pas, ou qui est davantage, qu'un lecteur...
Muriel
On peut échapper au nombrilisme ; au nombril, c'est moins évident... Cette dichotomie est d'aillleurs assez nourricière en littérature. On écrit ce que l'on est, on écrit aussi ce que l'on aimerait être et, concomitamment, ce que nous croyons être...
EN bon spinoziste, cher Marc, je te répondrais que la logique, la nécessité, exclut la désolation... (Sourire)
Le style, c'est l'homme.
"Le style, c'est l'homme" : sans doute un peu trop massif pour être parfaitement juste... Ce serait plutôt comme une extension, un remodelage de l'homme tel qu'il se voit ou aimerait se voir. Enfin tout ce qu'on dit là revient toujours au même : l'écriture ne saurait être fidèle à son auteur. Elle le trahit - parvois à son avantage, parfois à son désavantage. Ecrire, c'est déjà traduire, donc c'est déjà trahir...
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