- Marc Villemain -

Cyclothymies, fluctuations, paradoxes et autres angoisses...

jeudi 18 octobre 2007

Bloggeurs de tous les pays...

Plan_te_TerreJe ne prends pour ainsi dire jamais part aux innombrables discussions qui enfument Internet et les blogs. Mais je ne peux pas non plus m'empêcher d'éprouver quelque vertige devant l'infinie déperdition du verbe, de la parole et de l'intelligence que manifeste la blogosphère, vertige d'autant plus grand que rien ne semble être en mesure de lui donner sens, tout comme il semble impossible de ramasser cette palabre mondiale, de la quantifier, de la mémoriser, de la qualifier même, tant elle est par nature rétive à toute synthèse et à toute projection collective. Et encore ne m'intéressé-je guère qu'aux blogs qui soulignent leur proximité avec la littérature ou ses abords, même lointains. Aussi est-ce bien le triomphe d'une certaine forme d'individualisme que vient couronner l'explosion de cette bulle discursive, laquelle n'est d'ailleurs pas sans bousculer quelques-unes des habitudes démocratiques les plus ancrées - et pour partie les plus justifiées. Cette dimension démocratique est d'ailleurs intéressante à examiner, tant c'est en son nom que la quasi-totalité des bloggeurs revendiquent leur libre expression ; dimension au demeurant assez sommaire, et qui pourrait aisément se résumer de la sorte : je dis ce que je veux - digne héritier du Do it ! publicitaire.

La génération qui aura eu accès aux blogs, dont le gros des utilisateurs semble se situer dans la tranche des 20/35 ans, a derrière elle l'histoire de l'humanité démocratique ; on sait d'ailleurs quel prix durent payer ceux qui œuvrèrent à son advenue  - pour ne rien dire du lourd tribut que d'aucuns continuent de lui payer dans maintes régions du globe. Or ce qui me frappe, certes de manière extrêmement immédiate et sensitive, lorsque je circule entre les blogs, voire sur les grands forums nationaux, c'est la rage qui les baigne, pour ne pas dire la haine dans laquelle beaucoup semblent aimer se défigurer. La haine, non de l'autre en soi, non de l'autre en tant qu'être de chair, mais de l'autre en tant qu'il déploie une pensée (disons plutôt une opinion...) pas même contraire, mais simplement différente. Et il n'est pas anodin de signaler que certains blogs parmi les plus intéressants, érudits, rédigés parfois dans une langue volontiers recherchée, attestant pour les meilleurs d'un véritable amour du mot, qui plus est attentifs au moindre détail esthétique, peuvent compter au nombre de ceux qui semblent éprouver avec le plus de bonheur ce sourd plaisir à sombrer, pour certains dans la délation, et pour la plupart dans l'élitisme excommunicateur - lequel n'a donc plus rien de républicain. Aussi le bloggeur d'en face, qui remplit à sa manière l'office du voisin de palier de naguère, en prend-il pour son grade pour un oui ou pour un non, et pour tel ou tel motif qui ferait pisser de rire dans n'importe quelle cour de récréation. Mais le sentiment de se sentir supérieur, plus intelligent, plus brillant, plus pénétrant, conduit tout individu mal ou insuffisamment préparé à l'acceptation de l'autre, et donc aux vertus finales de la démocratie, à faire fuser insultes et anathèmes sur le dissemblable, jusqu'à, finalement, faire abattre sur lui les foudres de sa propre et minuscule Eglise.

Naturellement, les bloggeurs qui s'octroient une quelconque capacité d'analyse socio- ou psychopolitique ne sont pas en reste et, plutôt que de renouveler les principes vivants d'une agora bien ordonnée, sombrent, eux, dans le petit commentaire de la surface des choses - la vie privée du Président, la rumeur des arrières-cuisines, le commentaire de telle ou telle déclaration officielle tronquée etc..., n'ajoutant finalement que leur propre bruit de bloggueurs esseulés au grand bruit de crécelle de l'impraticable monde. Moyennant quoi, ce qui, à bien des égards, pourrait s'avérer réjouissant (la démultiplication de l'expression individuelle, l'augmentation des chances de se faire entendre, la possibilité qui nous est donnée de promouvoir notre art et de lui donner davantage d'écho, l'alimentation d'un échange ou d'un débat qui trouverait davantage de contributeurs de bon niveau, etc...) vient à se dégrader en une sorte d'arène sans foi ni loi, voire de prétoire où chaque orateur serait au fond condamné à n'être que le greffier de son propre discours. A cette aune, je ne suis pas certain que, non seulement la démocratie (dont il est vrai, certes, qu'elle n'a pas attendu l'apparition du grand barnum blogoprolixe pour s'affaisser d'elle-même comme une grande), mais l'individu lui-même (entendez sa quête de vérité intime, d'un épanouissement qui le grandisse, d'un apprentissage dont il sorte vainqueur au profit de tous), sortent grands gagnants de ce qui fut ou demeure considéré comme un progrès pour tous.

A certains égards, l'on peut même parfois considérer que la teneur des échanges sur la blogosphère ne fait que donner raison aux principes ultra-individualistes qui ont donné naissance aux reality show ou à la télévision de proximité : ici comme là-bas existe une prime à la violence et à la provocation, et les blogs les plus renommés sont aussi souvent ceux qui n'hésitent pas, par un calcul qu'ils seraient les premiers à blâmer chez l'homme politique, à se rendre démagogues, outrageants ou sottement injurieux. Cette prime à la provocation existe partout, et est sans doute le signe que les anciennes vertus de la conversation ont été peu ou prou définitivement écartées de la sphère publique. Aussi des personnalités aussi diverses que Eric Naulleau, Michel Polac, Stéphane Pocrain, Isabelle Alonso (je n'ai pas la télévision, j'en oublie évidemment), tous grands pourfendeurs de l'HTSMC (Horrible et Terrifique Système Médiatique Capitaliste), se retrouvent-ils chroniqueurs attitrés, plaisants, conviviaux et sacripants, sur les plateaux spectaculaires de la télévision de distraction. Sans, bien sûr, que nul ne sache ou ne puisse nous expliquer en quoi la qualité du débat démocratique (et subsidiairement du service public télévisuel) y ont gagné.

Encore jeune, je n'en ai pas moins connu de très près la naissance des radios libres. Tous ceux qui ont pratiqué ce média naissant, en ces années quatre-vingt bénies, se souviennent de la population qui œuvrait dans des studios de fortune où le CD n'existait pas et où l'animateur d'une émission était aussi celui qui en réalisait la partie technique - quand il n'allait pas lui-même démarcher les commerçants pour que la station puisse continuer d'émettre. Tous ceux, moi compris, qui plongèrent dans cette aventure dont on a (déjà) oublié combien elle a révolutionné les structures médiatiques, se souviennent de ces personnages étranges qui faisaient vivre les radios, et souvent leur donnaient une âme. Je me souviens que celle où je travaillais (bénévolement, cela va de soi, mais jusqu'à vingt ou trente heures par semaine) accueillait aussi bien un bègue (qui animait tout de même l'intégralité des émissions d'information de la station), un schizophrène patenté, une caissière de grande surface qui arrondissait ses fins de journées dans son lit, un immigré portugais qui n'avait pas même de quoi s'habiller et manger correctement, un banquier homosexuel qui était la risée de la commune, un débile mental léger dont les troubles d'élocution ne pouvaient échapper à aucun auditeur, un aveugle qui, nonobstant son chien, faisait régulièrement tomber platines et micros, quelques punks dont les rats quittaient souvent l'épaule pour s'en aller ronger la moquette du studio et souvent les derniers quarante-cinq tours achetés en urgence à Carrefour en vue du Top 50 du soir, un ancien flic tombé en dépression et finalement converti au chichon, pour ne rien dire de ma petite personne, généralement affublée de bas résilles en guise de chemise, bardé de clous et n'ayant pour Bible que le dernier album de Metallica. Eh bien tous ces gens, j'ai un peu l'impression de les retrouver sur la blogosphère, et cette petit madeleine inattendue n'est pas pour rien dans mon plaisir - quitte, donc, à ce que la mélancolie m'étreigne lorsque, brutalement, j'éprouve les limites intellectuelles et, disons-le, civilisationnelles, du genre.

Posté par marc_villemain à 15:34 - En songeant en écrivant - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Ah, délicieuse nostalgie du freaks un peu Trickster qui nous tient... Il y a toujours un peu du fripon dans le littérateur qui sait son métier!

Posté par Augustin, jeudi 18 octobre 2007 à 21:14

Mon cher Augustin/Emmanuel, il va falloir me remettre à niveau : "freaks", "trickster"... Diantre, la sauvagerie vous gagne ! Bref : que dois-je comprendre ?...

Posté par MV, jeudi 18 octobre 2007 à 22:11

Freak - Trickster pour Marc

S'il s'agit de l'univers du surnaturel, le Freak est un monstre de foire (authentique ou falsifié) tantôt géant, nain sans jambes bossu de ND, un squelette vivant...
Et le Trickster est présent dans les mythologies en tant qu'être chaotique. Loin de lui tout ordre ou permanence au sein d'une société...

Seriez-vous, Marc, mis à l'épreuve, par le trickster ? :)))

Posté par françoise b, vendredi 19 octobre 2007 à 19:40

J'apprends pleins de choses !

"Augustin" a eu la gentillesse, afin de ne pas m'humilier en public sans doute, de m'expliquer un peu tout ça. Me rappelant par exemple que Freaks fut aussi un film des années 30, avant de me perdre dans les méandres du trickster posjungien... Au moins pourra-ce être la fierté de ce blog d'y attirer quelques érudits patentés !

Posté par MV, vendredi 19 octobre 2007 à 21:28

Très bon texte. Je prends pour moi tout un tas de remarques très justifiées.

Le tableau que vous peignez de cette radio est tellement vivant que j'ai l'impression que le bruit que j'entends derrière moi est celui d'un rat de punk en train de grignoter mon fauteuil. Chapeau.

Posté par Nikita, samedi 20 octobre 2007 à 01:15

Nombriliculture

A l'heure où je fais mes premiers pas dans la blogosphère, je ne puis que te rejoindre. Blogueurs, nous sommes virtuellement en relation avec beaucoup, en réalité avec peu, pas plus en tout cas qu'au café du commerce où nous faisions autrefois les commentaires que nous écrivons en ligne aujourd'hui, avec plus de virulence pour certains, il est vrai, sans doute dûe à la distance et à l'anonymat. N'y a-t-il pas beaucoup de vanité par ailleurs dans cela ? Cette envie d'être populaire, d'attirer les lecteurs, de leur exposer nos idées comme si elles pouvaient rendre le monde plus lisible. Lorsque certains se pencheront plus tard sur le phénomène, j'espère qu'ils nous trouveront une autre utilité que celle de flatter nos petits nombrils.

Posté par JC Lalumiere, lundi 22 octobre 2007 à 14:29

Nikita

Quelles remarques ? Une forme de violence, peut-être ? Mais la vôtre est intéressante : elle arrive à demeurer sourde tout en explosant dans le verbe. Elle cache ou recèle plein de choses. Elle n'est peut-être pas productive, mais elle ne vient pas de nulle part. Improdutive peut-être, mais pas stérile. Ce n'est, vous l'avez compris, ou le savez, à ce type de violence que je pensais. Après, oui, je peux comprendre que certaines remarques vous alertent. Peut-être mon formalisme démocratique ; mais c'est là le vieux catho en moi, cette espèce d'hymne perpétuel à la tolérance...

Posté par MV, mardi 23 octobre 2007 à 00:06

JC

D'accord. Espérons tout de même que les historiens de demain auront autre choses à dire... Mais en effet, ce n'est pas sûr. Sachons donc ce que nous faisons, usons de l'outil pour ce qu'il est, ni plus, ni moins, sachons, pour nous-mêmes au moins, où nous allons, ce que nous y cherchons, et ce sera déjà pas mal...

Posté par MV, mardi 23 octobre 2007 à 00:14

MF

Un peu de mal à vous suivre, mais je crois comprendre les interlignes. Merci de cette contribution lyrique. Cela dit, je me fous comme d'une guigne de Play 2 - je n'ai jamais eu Play One entre les mains, et à peine sais-je de quoi il s'agit... Quant à Keith Jarrett, oui, il apprécie, je pense, que j'aie mûri un peu...

Posté par MV, jeudi 25 octobre 2007 à 14:24

"d'éprouver quelque vertige devant l'infinie déperdition du verbe, de la parole et de l'intelligence que manifeste la blogosphère"

La blogosphère pourrait être un calque de la société civilisée et dite avancée, partant sans doute d'une idée de départ, au demeurant intéressante : utiliser le verbe et la parole, les images et le son (l'intelligence je ne sais pas car j'ai du mal à la définir) afin de conduire une discussion, des dialogues.
C'est quelquefois un besoin de passer de l'intime à "l'extime" (M Tournier)ou une envie d'être ce qu'on n'est pas en utilisant des mots travestis.
C'est une publicité privée, chacun la sienne, pour être là, dans ce monde complexe des autoroutes de l'information, par peur de ne pas être suffisamment, instantanément.
J'y ai vu de fort belles visions de ce qui entoure la vie et de ce qu'on en fait, avec les autres ou tout seul.
J'y ai vu l'excellence de la laideur des mots et des approches désastreuses, des modèles impitoyables conduisant ceux qui s'y laissent prendre vers des implantations cérébrales qui détruisent la responsabilité et le collectif, la blogosphère n'étant qu'une petite partie des outils utilisés.

Oui, "une certaine forme d'individualisme" se vit dans ce globe à blogs. Mais mon image utopique revient au galop, l'image d'une possibilité de marier l'individualisme et le collectif pour ne pas condamner l'idée que l'"un" en masse innombrable ne vienne à détruire le "tous" qui se trouve en dangereuse chute libre.

Mais il nous resterait alors, pour nous alimenter, Play1 et Play2 ? Je préfère être damnée que condamnée.

Posté par françoise b, jeudi 25 octobre 2007 à 18:57

Françoise B.

Eh bien voilà un commentaire sur mon texte que j'aurais pu signer...

Posté par MV, vendredi 26 octobre 2007 à 16:30

optimisme...

Votre article est très intelligent, mais je ne crois pas à ces histoires de blogosphère.
Les gens ne sont pas plus nombrilistes ou individualistes que dans la vie "réelle", il se trouve simplement qu'internet permet de mettre en relation des gens qui refuseraient de se mettre en relation dans la vraie vie; là, sur les forums et commentaires de blogs, ils se croisent par accident si on peut dire, à cause de la facilité des "clics", mais rien de nouveau: insultes ou refus du dialogue, il s'agit très exactement de la même chose. Il se trouve que ça frappe plus dans la blogosphère tout simplement parce qu'il y a des "traces écrites" (moi même j'ai laissé en certains endroits des "commentaires" que j'effacerais volontiers si je pouvais).
En réalité, moi je trouve que de façon certes chaotique (et avec beaucoup de déperdition, comme vous dites), les adeptes de blogs s'ouvrent progressivement (pas tous de la même façon ni à la même vitesse) à l'altérité: même grâce aux insultes (car dans la vraie vie, certains ignorent ou feignent d'ignorer l'existence même d'une altérité), et c'est avec un grand plaisir que je vois régulièrement des "descentes" de gauchistes sur des forums sarkosystes et inversement des interventions de "droitiers" chez les bien-pensant de gauche... Vous verrez ça sur internet, pas dans des réunions politiques "réelles", ni même dans des réunions de famille où la grande gueule réduit les autres au silence.
Pour finir sur les blogs littéraires, c'est vrai qu'on a souvent l'impression que les blogueurs veulent être lus des autres mais se contrefichent de ce qu'écrivent tous les autres (ils les flattent un peu au passage, puisque ce sont des lecteurs potentiels, dans un système d'entraide complètement artificiel) Mais quand même! Pour prendre mon petit exemple, depuis que je bondis de blogs en blogs, je découvre des textes que JAMAIS je n'aurais lu dans la "vraie vie" (par exemple, des poèmes en prose féminins sur... des questions féminines... l'horreur totale, quoi :) eh bien je m'y suis mis... et je dis: merci la diversité des blogs, et leur vocation à se croiser et s'influencer mutuellement malgré tout...

Posté par Marco, samedi 8 décembre 2007 à 00:02

Sur l'optimisme...

Vous observerez que j'évoquais la "blogosphère" en usant de l'italique... Manière de dire que le mot m'inspirait, à moi aussi, une certaine réserve - au point que je parle également d'un "grand barnum blogoprolixe". Le mot est toutefois d'un usage assez pratique tant il permet de représenter immédiatement une certaine population - celle qui, précisément, prend et distribue la parole dans l'agora du blog.

Je ne méconnais pas pour autant, et pour cause, l'immense richesse (ou potentiel de richesse) que recèlent les blogs : comme vous, j'ai lu ici ou là des choses que je ne m'attendais pas à lire, et que je n'aurais certainement pas lus ailleurs.
Il n'en demeure pas moins que cette immense agora autoproclamée interroge assez crûment les fondamentaux démocratiques. Et on le voit, oui, j'y insiste, à un certain déchaînement d'agressivité que le passage à l'écrit semble autoriser. Il est vrai que, confortablement assis devant son écran, on se sent assez inatteignable, inattaquable, omnipotent. Les intrusions de militants de tous partis dans les moindres recoins de la toile sont amusants, excitants ; encore faut-il qu'ils aboutissent à quelque chose d'assez raisonnable - ce à quoi, pour le moment en tout cas, je ne crois guère.

Il en va ou en irait donc d'Internet et des blogs comme de la démocratie représentative, qui n'induit de progrès et ne charrie d'intelligence que si ses membres ont acquis un certain état culturel. La démocratie, la prise de parole et sa distribution, l'organisation du débat, de la conversation, l'organisation d'une méthode qui permet d'en tirer des enseignements, constituent autant de mécanismes qu'il faut apprendre afin d'en faire le meilleur usage. Rien n'est moins naturel, il me semble, que l'acceptation de l'autre. Notre démocratie y parvient de moins en moins ; il n'est pas anormal que les blogs, qui vivent pour l'instant une ère un peu idyllique et vaguement anarchisante, connaissent de semblables problèmes, ou limites.

Posté par Marc Villemain, lundi 10 décembre 2007 à 18:48

Ca fusille dur !

Un bloggeur, c'est souvent un gars ou une nana planqué(e)dans un bloc, j'ai bien dit un bloc, et qui,par l'interstice d'une petite meurtrière où y'a à peine le passage d'une flèche de sioux, tire avec des boulets de 75 mm sur tout ce qui n'est pas lui autour de lui.
Forcément, le bloc lui pète à la gueule à la premier salve.
Et puis, j'trouve qu'un bloggeur ça picole pas assez. Mieux vaudrait une hypertrophie du foie que du moi.
Et dire que j'en suis un itou !

Posté par redonnet, mercredi 21 mai 2008 à 11:05

Redonnet

Ah, c'est que nous en sommes tous ; et je suis tout à fait prêt à balayer devant ma porte.
Cela dit, l'image de la petite meurtrière est assez juste ; et c'est ce qui rend assez pathétiques, soit dit en passant, les salves tirées tous azimuts. Nous sommes ainsi faits que nous avons l'illusion de croire qu'en occupant le moindre espace d'expression, nous nous adressons au genre humain dans sa totalité. C'est naïf, assurément, mais cela en dit long sur nos besoins.
Donc, itou moi aussi...

Posté par MV, mercredi 21 mai 2008 à 11:24

Je suis de celles qui postent des "proses" sur des questions féminines ...
Pourquoi ici plutôt que là ?
Parce que je ne suis pas écrivain.
Je n'écris pas, je parle. Seule souvent, mais qu'importe.
Le commentaire que vous m'avez laissé dernièrement m'a touchée autant que s'il venait d'un ami.
Alors, rien que pour ça, merci la blogosphère !
PS: J'étais aussi une pionnière des radios libres ...

Posté par Constance, mercredi 21 mai 2008 à 18:40

Constance

Oui, la blogosphère peut parfois donner lieu à des rencontres que rien ne laissait prévoir ; dans le seul domaine littéraire, elle est indiscutablement génératrice d'activité et de création.

Vous avez bien compris que je ne m'en prenais ici qu'aux blogs qui, sous couvert de culture, voire d'intelligence présupposée, prenaient un malin plaisir à convertir une possible agora en occasion pure et simple de laisser libre cours à leur fiel ou leurs frustrations. Cela a toujours existé, blog ou pas, la tentation pamphlétaire a ses lettres de noblesse, mais la dimension devenue spectaculaire de notre société donne à ces blogs et à ces humeurs une dimension souvent exagérée.

Contrairement à beaucoup, je ne trouve rien à redire à ce que d'aucuns décrivent comme un envahissement de la "toile" par les egos. Bien sûr, cela peut friser le ridicule ou l'immaturité ; mais même en ce cas, on est tenté de répondre : et alors ? Oui, Internet est utilisé par un grand nombre de gens qui, fût-ce de manière illusoire, cherchent à exprimer ce qui les meut, les émeut, et tentent, en fait, de prendre racine dans une communauté ou dans un monde plus vaste et plus imprévu que ce que leur quotidien peut leur laisser espérer. Le journal intime avait une fonction plus réflexive, plus intérieure ; nombre de blogs prolongent cet état, tout en cherchant à ouvrir d'autres possibles. Il me semble, mais je me trompe peut-être, que la dimension thérapeutique est patente dans de nombreux blogs personnels ; elle l'est d'ailleurs peut-être dans tous les blogs, allez savoir...

Ce qui a sans doute changé, c'est que nul, jadis, n'aurait songé à laisser son journal intime ouvert dans un espace public. Est-ce le fait de l'exhibitionnisme du temps, de son impudeur, de sa pornographie à peu près routinière, toujours est-il que le moi s'exprime aujourd'hui à peu près sans scrupule, et cherche même jusqu'à se faire de la publicité. C'est parfois pathétique, naturellement, ou désespérant ; mais cela peut être aussi très beau, et permettre à leurs auteurs de travailler, voire de faire émerger une sensibilité.

Digression un peu longue et inutile à votre propre commentaire, j'en conviens... Et content de voir passer par ici une autre pionnière de la libération antédiluvienne des ondes... MV

Posté par MV, mercredi 21 mai 2008 à 19:44

Lien

Bonjour vieux charentais, donc,
Me suis permis de réferencer les commentaires d'ici, là-bas
http://www.archicampus.net/wordpress/?p=258#comment-10081
Cordialement

Posté par Redonnet, jeudi 29 mai 2008 à 10:29

MF, vous vous faites bien trop d'honneur en subodorant que j'ai pu penser à vous que je ne connais, avec grand plaisir, ni "d'Eve ni des dents", en établissant ce lien.

Que vous n'apparteniez pas à M.Villemain ne m'anime d'aucune émotion particulière. En revanche, si j'en juge par le fiel dégoulinant de votre esprit via votre clavier, il semblerait que vous n'apparteniez pas tout à fait à vous-même non plus.

J'ai pas de lien qui pourrait guérir ça.

Posté par Redonnet, vendredi 30 mai 2008 à 08:50

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