- Marc Villemain -

Cyclothymies, fluctuations, paradoxes et autres angoisses...

vendredi 4 janvier 2008

Une bonne année ? Une année moins mauvaise

Plusieurs lecteurs me présentent aimablement leurs voeux pour l'année qui commence. Tous me font part de leur souhait qu'elle soit une année plus faste pour les arts et la culture, pour la justice, pour les pauvres et les immigrés, pour le devenir de la France, du monde, et de la France dans le monde, une année qui, je cite l'un d'entre eux, verrait se réaliser "un certain redressement de l'esprit". Las ! chers lecteurs, de tout cela - des chimères au fond, des voeux pieux - il faut sans tarder faire le deuil. Car le mouvement d'abêtissement vulgaire et général auquel nous assistons depuis un certain nombre d'années (mais depuis quand exactement ? jusqu'où devons-nous, pouvons-nous, faire remonter notre agacement très réactionnaire ?) n'est pas encore arrivé à son terme, loin s'en faut. Ledit redressement, s'il doit se produire, constituera une révolution lente, une mutation sourde, une trajectoire davantage qu'un acte ou un événement.

Que les fruits de mai 68 n'aient pas toujours été les meilleurs, que cette révolte un peu protéiforme ait accouché d'excès ou de concepts discutables, nul ne le conteste plus, pas même les meilleurs des soixante-huitards. N'empêche, on se prend à rêver d'un mai 2008 - qui aurait comme avantage collatéral de nous épargner le marketing éditorial qui s'annonce en coulisses, au prétexte de la quarantaine atteinte. A l'époque, le mouvement serait né d'une libidineuse histoire de dortoirs, filles et garçons rêvant d'amours moins platoniques ; quarante ans plus tard, le mouvement pourrait (aurait pu) naître de fumeurs indociles, allergiques à une société qui, au nom de l'hystérie hygiéniste et du vivre-ensemble, multiplie les interdits et les bannissements ; ou de ces gueux modernes, dépossédés de leurs papiers et plus encore de tout le reste, qui tentent, vaille que vaille, de nous alerter sur les reniements au pays des droits de l'homme, et subsidiairement sur leurs conditions de vie en prison ou dans les centres de rétention ; ou d'une gauche qui se serait enfin décidée à ne plus s'aveugler sur les vertus supposées naturelles du peuple ; ou de parents et de professeurs las de voir leurs bambins sapés de marques et ne rêvant que de business - show ou pas ; ou, pourquoi pas, de médias que leur propre fascination pour l'enveloppe dégoulinante des jours  aurait fini par écœurer ; ou de vieillards blessés de voir la jeunesse investie de toutes les promesses, quand eux-mêmes se trouvent chargés de nos tares et de nos retards. Rien à attendre en revanche de nos bobos,  ces gentils qui ne pensent qu'à conserver le monde en l'état tout en se donnant l'impression de le rajeunir. Je songe ici à J.G. Ballard, Millenium People, à cette révolte de la bourgeoisie contre elle-même, que contribua à fomenter un problème de ramassage des ordures. C'est plus profond qu'il y paraît. Et allez savoir jusqu'à quel point cela est visionnaire.

Les choses ne sont pas destinées à rester immuables. Les "ruptures" se feront, se font déjà, derrière nous, dans cette part de l'histoire humaine qui demeurera toujours invisible aux caméras, aux éditorialistes comme à la doxa. Elles se décident déjà, dans les soubresauts de la nature bien sûr, mais aussi dans une certaine frénésie capitaliste qui, comme on put le dire de la technique, obéit d'avantage à un processus lancé à toute vitesse qu'au projet d'une collectivité d'individus. C'est à tout cela que les sociétés tentent vainement de s'adapter : nulle "renaissance", pour citer l'allusion pompeuse, et trompeuse, que fit récemment Nicolas Sarkozy à ce beau mot, n'est programmée : notre mort seule l'est, mais c'est une mort lente, brouillonne, qui suit son bonhomme de chemin, c'est notre mort comme réceptacle dynamique d'une culture en mouvement - c'est-à-dire pleinement consciente de ne pouvoir innover qu'en ayant eu préalablement quelque chose à conserver. Au lieu de quoi, nous devrons nous farcir, cette année encore, l'arrivisme post-moderne de la Belle et la Bête, du président et de sa première dame disneyworldisée, le triomphe du cinéma petit-bourgeois, des arts plastiques scatologiques, du spontanéisme pictural, de la variété bien-pensante, de la littérature égotiste, le triomphe enfin de cette démocratie devenue académie de stars.

Chacun ses repères. Chacun, selon son histoire, sa culture, sa famille, son tempérament, ses failles, trouvera dans telle ou telle actualité le levain de son attitude et de sa pensée. Tout critère est recevable, aucun n'est illégitime. Et il en est tant. Il faut choisir, donc, aussi arbitraire que cela fût. Aussi, lorsqu'un président de la République, qui occupe et sature un espace public d'une manière jusqu'alors inédite en France, au point de faire de l'indécence une valeur moderne et de l'hypocrisie une vertu contemporaine, peut se payer le luxe de louer la "réserve" et la "discrétion" d'un de nos plus grands écrivains, Julien Gracq, disparu la veille, sans soulever le moindre éclat, alors c'est que notre société n'a jamais été aussi mûre pour le charlatanisme.

Certains jours (mais ils sont de moins en moins rares), il apparaît que c'est dans le silence du retrait que se fomente la rébellion la plus intense, celle dont les coups déstabiliseront avec le plus d'ardeur le fonctionnement d'une société qui se vante de vouloir être participative mais qui, au fond d'elle-même, n'aspire qu'à la conformité plastique, qu'à un ordre qui finira, n'en doutons pas, par rendre l'air irrespirable - sans que les fumeurs y soient pour grand-chose.

A tous, donc, je souhaite une moins mauvaise année...

Posté par marc_villemain à 11:41 - Le monde comme il va (ou pas...) - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Cher Marc,

ton billet de moins mauvaise année ne peut guère me laisser indifférente. La société que tu décris m'inquiète également, et je constate comme toi que notre nouveau Président incarne des valeurs peu reluisantes. Je ne saurais dire si la situation, en matière sociale comme artistique, s'arrangera en 2008. Je ne le crois pas, mais c'est également de manière individuelle et associative que nous pouvons quelque peu infléchir le mouvement général.
Je te souhaite néanmoins une bonne année 2008 , dans l'espoir que tes divers projets aboutiront.

Posté par Anne-Sophie, vendredi 4 janvier 2008 à 16:02

Je te remercie, Anne-Sophie, de ce message - et t'adresse de semblables souhaits pour 2008.

Pour ce qui est de ma petite personne, et en dehors de ma vie personnelle, cela tournera essentiellement autour de la publication d'un recueil de nouvelles au Seuil.

Pour le reste, je crois en effet qu'un certain pessimisme, et c'est peu dire, est de mise. Toutefois, tu vois bien à quel point l'action individuelle et/ou associative est dérisoire au regard de ce qui se passe à l'échelle nationale - alors à l'échelle planétaire, tu imagines un peu... Tu as sans doute raison, en revanche, en parlant d'infléchir : nous sommes condamnés à cela, simplement infléchir... - c'est-à-dire à rien, ou tellement peu que c'est tout comme. N'empêche : demeure la révolte intime, la rébellion intérieure, donc stérile bien sûr, mais pour la gloire, l'honneur, et pour conserver de soi une impression qui ne soit pas trop nauséeuse ; pour pouvoir se dire que, soi-même, on ne s'est pas plié, ou le moins possible, aux diktats d'une époque dont il ne faut pas être devin pour savoir qu'on la jugera avec un certain effarement, plus tard, dans l'histoire...

Posté par MV, vendredi 4 janvier 2008 à 16:10

Cher Marc,

Combien je partage ton pessimisme global et ta résolution intime! Il faudrait qu'Anne-Sophie cesse de mettre une majuscule au président. Il est plus bas que terre.

Donc, tes voeux surpassent de loin les miens.

Mai 2008: révolution de l'amour (flower power), fin de toute militarisation.

Voilà le voeu vain que je forme.

Amitié

Augustin

Posté par Augustin, vendredi 4 janvier 2008 à 22:52

Faites vous voyant, ca rapporte plus!

Bonne année Marc! Mais qu'elle commence mal avec cet article...pfff toujours pareil, les memes mots, les memes analyses qui se prétendent meme pas nouvelles, les memes espoirs vains de combats de l'ombre contre la lumière artificielle des charlatans patentés. Vous fallait-il attendre un artificiel début d'année pour vous resaper des atours théatraux d'un cynisme lucide, prophétique, historicien et indifférent à la fois? tout votre discours n'est qu'abstractions mille fois rebattues : mais qu'etes vous? politicien, écrivain, citoyen, journaliste, etre humain, zombi autosatisfait de ce mythe de la mort francaise, qui chaque année fait refleurir tant de voeux aussi techniques, analytiques, synthétiques, poétiques, etc...qu'etes vous donc? Choisissez! Sortez le nous ce bouquin qui fera tout trembler, ce blog qui fera triompher l'égo de tous les ego, ce parti politique qui fera douter Sarko, cette révolution qui fera de vous le chantre de la jeunesse sans repères, et des vieux en retard! C'est d'un chiant, de sentir à ce point que ca se veut authentique, alors que c'est du deja lu, deja vu, deja entendu, deja écrit, deja vécu, deja ceci, deja deja. Votre discours magnifique, il est pas visionnaire, il est pas juste, il est superficiel, trop sérieux, il est décalé : on remplace 2008 par 2006 qu'il paraitrait d'actualité, vieux quoi, vide, avide de rien. Vous auriez mis "bonne année 2009", simplement ca, que c'aurait été drole en plus de résumer tout votre bilan de début de millénaire, de petit français qui n'écrit que pour des petits français. C'est ce rien qui vous inspire autant? Et bien rêvez cher ami, vous réaliserez sans probleme vos désillusions. Et puis vous faites djeun malgré tout, vous pressentez presque fébrilement un mai 2008, là où toute votre génération s'émerveille encore, le recul en plus, de votre magnifique mai 68. Vous aviez du boulot, les trente glorieuses, vous vous plaignez deja de tout, vous en étiez deja heureux car ca vendait de se plaindre, et on entend encore cela chez leurs progénitures, qui n'ont pas compris que y aurait pas de révolte avec si peu d'idées, meme si autrefois ca a marché, bizarrement. Mai 68 c'était deja le triomphe du charlatanisme. Deux connards, une pétasse, et une caméra, et c'était bon, c'était la France qui se réveillait. Toute cette génération ne mérite que la mort pour avoir si mal vécu, protégée des souffrances d'autrefois, celles d'ailleurs. Elle a osé jouir et se vanter de jouir après la Shoah. Maintenant que leurs djeuns hurlent au droit d'etre heureux sans limite, ils leur matraquent, media en mains, que c'est la terre qui se réchauffe! Du 20ième siecle, à les écouter, on ne retiendrait que leur petit mois de mai. Tout revient à eux, génération bénie des dieux, coupables volontaires et fiers de l'avoir un peu été. Regardez les maintenant qu'ils sont vieux, ils font plus jeunes que les jeunes qui revent de faire mieux qu'eux en retour. Des merdes se disputent aux sousmerdes, c'est d'un intéret...Non, la révolution, c'est d'apprendre le chinois et l'indien, et d'aller leur apprendre, et d'apprendre d'eux, ce que c'est que la vie, maintenant qu'on a fini la votre, ainsi que l'avenir, maintenant que votre horizon c'est le passé. Il faut batir un monde! Ca n'a plus de sens de décréter hystérique l'élection d'un petit Sarko, ni meme de s'en inquiéter! Faut un monde nation, Hugo le pensait pour l'Europe, il avait tort, mais il avait du flair. Ca marchera jamais pour l'Europe, normal, y a le monde à coté. On construit le monde. On élit 7 présidents mondiaux, au suffrage universel mondial, x chinois votant valent x voix, on garde la liste des 7 nominés, ce seront des tronches issus de concours, qui auront une parfaite connaissance de toutes les cultures, ils les aimeront toutes, les défendront toutes. La voix d'un moujik vaudra celle d'un tsar, celle d'un opprimé celle d'un dictateur, celle d'un vieux de 90 ans heureux de pouvoir servir une derniere fois celle d'un enfant que la politique du monde intéresserait déjà. On se retrouve avec 7 présidents mondiaux, élus à vie. Chacun d'eux porte en lui le monde entier, aucune guerre, aucun désaccord majeur. Et on fait tous les 10 ans des municipales pour élire les présidents de "pays", vous savez les "pays", comme les paysans esseulés parlent de leurs villages, de leurs forets. Ces bons maires de pays adapteront la politique mondiale aux besoins de leur arrondissement. Sarko sera tres bien, mais ptet pas le meilleur, on verra, on s'en fout un peu. Il a pas l'étoffe de savoir ce qu'il fera, il faut lui mettre 7 couronnes. Là ses couronnes, c'est les media et un peuple à l'agonie, gémissant comme une pétasse d'avril 68 en rut. Y peut rien faire, y sert à rien. Alors Marc, parlez encore et encore de ce rien là, c'est bien...je vous retrouve l'année prochaine, vous n'aurez qu'à copier coller votre article de bons voeux de 2006. Pardon, de 2008! Je sais plus où j'en suis avec vous, avec vous tous. Vive je, vive l'égo. Un bébé et des lego ferait pas mieux que vous. Mais ca aurait au moins du charme. Bon, à méditer, tout seul, comme un con, dans son pessimisme.

Bonne soirée néanmoins cher Marc ;)

Historiquement,

MF

A lire en écoutant "Millenium", de Robbie Williams! hou ouuuuuuuuu! Yeaaaaaahhh! Allez, let's go baby, danse!

Posté par Michael Flame, vendredi 4 janvier 2008 à 23:03

Cap'taine Flame

Cap'taine, ô mon cap'taine, je faisais état d'une sombre désolation, lors que vous chahutez en pleine arrogance. Mais j'en conviens avec vous : les deux postures choient dans une même stérilité.
Alors oui, puisque vous le suggérez, et si votre suggestion est sincère, patientons donc jusqu'en 2009 avant de poursuivre cet échange. MV

Posté par MV, samedi 5 janvier 2008 à 17:37

surprise surprise! clap clap clap!

Mais non Marc, enfin! Je plaisantais! Tout ceci était un petit scénario pour vous faire une petite farce! Ha ha ha haaaa. Dans mes bras mon frère! Aaa que c'est bon ce blog : des cyclothymies, des angoisses, des paradoxes, des reves, des désillusions, des amitiés qui se font, se défont, des disputes, des émotions, de l'humanité...bientot, sur vos écrans!
Bon cela dit, j'ai jamais décrété que je ne reviendrai plus quatter ici, profiter de cet espace d'écriture où la censure importe moins que l'aigreur stérile. Si vous ne voulez plus me répondre, "échanger" dites vous, c'est votre droit le plus strict! Je vous laisse mourir dans votre pessimisme si poétique, en homme libre. Les paradoxes oui, mais la dignité! Je pensais vous faire plaisir en confirmant votre autoflagellation spiritualo-politico-poético-blogo-commento-cyclo, et même ca, vous vous en foutez! Rooooo...si c'est pas triste la vie. En France. Bon, je veux bien discuter avec toute personne de bonne volonté. Marc ou autre, peu importe.
(La jalousie, d'Henri Salvador) On va tous mourir Marc, à quoi bon? Enivrons nous comme vous le faites de cette délicieuse fatalité, c'est le meilleur moyen de rester. Les historiens retiendront qu'un Marc Villemain avait senti que son époque les marquerait de l'effarement. J'en profite moi-même pour leur faire un coucou! Quand vous nous lirez, Clio, nous serons morts et enterrés, en France, enveloppés dans un suaire, avec notre engagement émiétté dans des crottes de lombric, mais avec Villemain, tip top (souvenez-vous : "Eeeeennnnntre iciiiiiiiii Marc Villemainnnnnn!!!"). On aura servi à rien, mais on se sera au moins plaint! En hommes libres!!! lol

Atermoiement,

MF

Tenez, vous m'inspirez! En direct-live :

Flash pub!

"Quand tout sera détruit, je songerai au divin, je me dirai « pourvu que plus rien… » et plus rien, je tomberai. Le vent soufflera alors au présent, et m’emporte. Je glisse sans fin sur des souvenirs morts, tout le temps rentre en moi, en ressort. Les almées d'armées de feuilles grises mitraillent des corps sans vie qui perdurent légers dans la nuit synthétique, où les chloroplastes explosés transforment nos âmes en matière, nos corps en poussières, et encore…La destruction se poursuit, violente, c’est nul, c’est niais à en mourir. Les phrases s’enchainent, et le vent s’essouffle, il est mort, chancellent les corps, les troncs, les souvenirs, dans les tapis de feuilles encenseuses du temps encensoir, où déjà l’aube délirée fait renaitre un soleil enflammé d’un noir de jaspe inventé, comme écrit par un poète déjà oublié, et le coup de vent par derrière me dit STOP. C’est fini.

Une âme errante dans un corps bloqué pensait ainsi, fumant un recueil illicite. Un non-sens interdit où les mots semblaient seulement dire « oui mais, j'écris ». Les feux d’artifice éclataient au-dessus d’une foule affessée le soir d’une fête sur la plage occidentale des vacanciers aisés. La terrasse des festins sur commande additionnait à la pétarade céleste l’artifice des cliquetis de couverts. Et le ciel recouvert supportait les caprices sulfureux d’un tourisme rentable, où les couples s’aimaient, se trompaient, en contre-bas des âmes seules terrassées, malheureuses qui se disaient au fond d’elles « quelle nuit formidable, tous ces gens qui me tolèrent en regardant ce ciel que je leur partage, ce ciel indifférent qui nous offre les voluptés de son silence d’acteur entre deux tirades de bruits vides de sens ». Les vagues scandaient « et moi, et moi, et moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, et moi, et moiiii, et moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » soutirant quelques larmes sensibles à des cœurs déchirés ressassant le poids de leur solitude parmi tous ces gens, tout ce bruit, toute cette mer couleur de ciel, ces vagues apportant avec elles la nuit des contrées lointaines enmurées dans les horizons aquatiques de l'horizon des terres délaissées."

in Jouisciences folles, de Michael Flame! (à paraître en 2009-2010)

A lire en écoutant "L'aquoiboniste", de Gainsbourg et Birkin

Posté par Michael Flame, samedi 5 janvier 2008 à 18:56

Dialogues à Deux 1008

Au premier abord, je vous trouve, Monsieur Flame, une audace certaine. Mais je dois dire (non pas avouer) qu'il y a de la matière. Sur un plan tout à fait auditif et sensible, je vais jusqu'à percevoir une forme de composition bien rythmée, des percussions quasi tribales.

J'ai donc au final apprécié cet intermède tout comme j'apprécie la rare élégance des mots et des compositions de coeur et d'esprit de Marc.

Pour Marc : http://www.youtube.com/watch?v=HPqK1JJOFxw&feature=related

Posté par françoise b, samedi 5 janvier 2008 à 22:42

Dialogues à Deux 1008

Au premier abord, je vous trouve, Monsieur Flame, une audace certaine. Mais je dois dire (non pas avouer) qu'il y a de la matière. Sur un plan tout à fait auditif et sensible, je vais jusqu'à percevoir une forme de composition bien rythmée, des percussions quasi tribales.

J'ai donc au final apprécié cet intermède tout comme j'apprécie la rare élégance des mots et des compositions de coeur et d'esprit de Marc.

Pour Marc : http://www.youtube.com/watch?v=HPqK1JJOFxw&feature=related

Posté par françoise b, samedi 5 janvier 2008 à 22:50

Je serai le président de toutes les françoise!

Chère Françoise Bachmann,

Je vous remercie de m'avoir enfin dit (et presque avoué) toute l'admiration que je vous inspirais! Il est vrai que ce premier jet était excellent. Et vous avez aimé l'élégance de l'allocution présidentielle, euh, des bons voeux de notre ami Marc. Votre ecclectisme grand écarté ne saurait me laisser indifférent. Néanmoins, je n'en resterai pas là, et ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que vous me préfériez irrévocablement! Je le dis clairement : votez pour moi!!

Bonne journée à toutes et tous.

Fertilement,

MF

Pour vous marquer vous, Françoise : http://www.youtube.com/watch?v=QakyVdLs11Q
Pour Marc et les autres : http://www.youtube.com/watch?v=5ZPDcr8AnbE

Posté par Michael Flame, dimanche 6 janvier 2008 à 17:40

Et maintenant, que vais-je faire ?

Cher Michael Flame,

Doublement marquée par votre message, j'en retiens les mots essentiels en les laissant dans le contexte : admiration - ne saurait me laisser indifférent - néanmoins - pouvoir - préfériez irrévocablement - votez pour moi.
Après un passage matriciel, une poussée d'imagination me conduisant vers Morpheus « On n'est pas le meilleur quand on le croit, mais quand on le sait... », je me demandais comment je pourrais vous préférer (irrévocablement) en l'absence de toute concurrence.
Ainsi, tout vote devient caduque...
Etes-vous un faiseur de plaisantristes, (modeste) guitariste ?

Un temps...

Je retourne sur les terres européennes, mais que j'étais bien sur les terres sauvages de Standing Bear.

FB

Posté par françoise b, mardi 8 janvier 2008 à 10:19

drague et horizon funèbre

Bonsoir douce et sibylline Françoise,

Les frères Wachowski vous ont marquée aussi, j'ai donc bel et bien de la concurrence. Je ne faisais pas sérieusement allusion au duo Marc/MF, mais votre double message auquel je répondais vous mettait dans une posture amusante d'arbitre femelle, et ca m'a inspiré. Vous sentir obligée de le complimenter brièvement après m'avoir dit (et presque avoué) votre passion retenue pour moi, ca m'a amusé, ca a dû l'agacer! J'ai forcé le trait, c'était trop tentant. Par ailleurs, je m'imaginais, et m'imagine toujours, déceler entre vous deux, une certaine tension sexuelle. Voyez comme il répond à cette sotte endimanchée sur son 31 (Anne Sophie des LATRINES - faut dire, ils bossent ensemble) tandis qu'ils nous méprisent! Ca ne peut être motivé que par la jalousie, je ne vois que ca! lol Ou bien la peur, mais la peur mène au côté obscur, que Dieu l'en garde.
Sachez à présent que oui, j'aimerais vous plaire, être l'homme de votre vie, comme de celle de toutes les françoise. J'aimerais que vous me décriviez Standing Bear, que vous me parliez de votre amour de la musique, des dauphins homosexuels, de votre univers, de vos joies et peines, de vos amants, romans, enfants, parents. C'est votre voix...on dirait une voix...dont je rêve sans la reconnaître...pardon, j'étais ailleurs. Par contre, l'aquoiboniste, c'était pour évoquer Marc et son article, ca lui donnait de l'épaisseur je trouve. Mais oublions ceux qui nous oublient, laissons le mourir dans ce monde qu'il ne veut surtout pas changer, faute de le pouvoir. Et laissez moi vous draguer lourdement Françoise! Vous prouver que je suis le meilleur, et que je le sais! Tenez, j'ai fini Mario Galaxy avec Luigi et les 120 étoiles! Et vous, jouez vous aux jeux videos?...(suspens insoutenable!)

Quand on s'admire, on n'a plus qu'à faire l'amour, et mourir ;)

Bonne soirée à toutes et tous. Mes condoléances, une fois de plus, à Marc, que sa banale et volontaire impuissance n'a pu sauver d'un monde qui le faisait si indifféremment souffrir. Pour avoir courageusement abandonné tout combat en cette époque de déchéance électorale qui l'opposait à Sarko, MF, les autres blogueurs, la littérature, l'injustice dans le monde, etc. Pour avoir mis tant d'années à comprendre et se convaincre qu'il ne servait à rien dans ce monde historique. (fou rire contenu). A bientôt Françoise ;)

Commenterrement,

MF

Pour Françoise :

"dans son texte, mon Matou avait la courageuse malhonnêteté fictionnelle de déculpabiliser sa jouissance. En vrai, il avait cette honnêteté touchante de se sentir sale après chacune de ses vraies jouissances, de mes vraies simulations de femme encore en manque. En manque non pas de sexe, encore moins du sien -petit juste comme il faut- ni de plaisir sexuel, mais en manque de la continuité ininterrompue de son désir de moi, de son amour, de lui, de son bonheur, du mien, de son bonheur du mien, de son amour de lui. Mon Matou ne s’aimait pas, ne s’aimait plus. Mais il me laisse seule, réduite à rien, tandis que lui n’est plus rien, mais tout. Un coucher de soleil sur de la boue. C’était lui plus que moi, la connasse.

Tout casse.

Ma rime mes vers, mon miroir, mon verre reflet du soir, moi Princesse, si seule, si belle en ce mouroir, et si l’Air ancillaire me manque, autant le vent l’emporte, ce serait le bonheur débonnaire en débandade, la guerre comme naguère, ô Sahara.

Désert de désespoir, si vaste et silencieux, si dense sans cadence, sec, et sableux aux cieux noirs, prose des sables rien que çà, pas un rat.

Indolente sur la dune, pierre deux coups, je délire. Le monde est stone et la nuit froide, bourrasque gelée, solitude glaciale, mes larmes salées givrant, ma peau cloquée mes dents claquant.

Ma plume s’en va, elle s’envole, appuie sur la chanterelle décolle ma blanche faconde, et sa flèche décoche, mortelle tue lentement le ciel défalqué, ricoche, vitale et galopante achoppe à mes pieds. Décadence d’âme d’homme, dans mon désarroi d’dame. Si tard et si haut je m’envole, Vous verrais-je suffoquant dans un souffle Vous susurre, je Vous l’assure et la lacère, Sahara, en l’Air, « Je Vous

(Radio : La décadanse, de Gainsbourg et Birkin)"

in Récit d'un écrit vain, de Michael Flame! (en 2008 dans toutes les FNAC...)

Pour Marc : http://fr.youtube.com/watch?v=kAflikeKvew

Posté par Michael Flame, mardi 8 janvier 2008 à 17:53

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=189369&pid=7440404

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :