- Marc Villemain -

Cyclothymies, fluctuations, paradoxes et autres angoisses...

samedi 26 janvier 2008

Les Eveilleurs d'Etat - Le texte

Short_Satori___Antidata___CouvertureEn mars dernier a paru aux éditions Antidata un recueil de nouvelles, intitulé Short Satori et consacré au thème de l'Eveil.

J'eus le plaisir d'être convié à y contribuer, au même titre que les écrivains suivants : Dominique Boeno, Alain Dartevelle, Philippe Di Folco, Pierre Ho-Schmitt, Matthieu Jung, Jean-Claude Lalumière, Olivier Martinelli, Christophe Merit, Benjamin Peurey, Martin Porato, Olivier Salaün et Emmanuelle Urien.

Je propose ici mon texte à votre lecture. Il est intitulé Les Eveilleurs d'Etat.

Posté par marc_villemain à 19:24 - En librairie - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Les dormeurs de l'Aaaarrt

Bonsoir à toutes et tous,

Un peu de légèreté ne fera de mal à personne.

Cependant, je me sens gravement investi d’un devoir, ce soir : celui de rendre un gros hommage à Carlos. Simplement pour dire qu’il nous manquera. Qu’hier encore, on n’avait aucune pensée pour lui, mais vraiment aucune, et qu’aujourd’hui, sa mort nous rappelle qu’il existait. Il était le fils de la très célèbre Françoise Dolto. Nous lui devons des chefs d’œuvre, tels que…mais aussi…enfin voilà, quoi. Enorme ! Il nous manquera.

Un petit quizz maintenant, envoyez-nous votre réponse par sms, Marc Villemain diffusera le résultat des gagnants. Ils se verront offrir le dictionnaire des morts les plus tragiques du 21ième siècle, en France, aux éditions Larousse. La questiooooon…est…la…sui-van-te… : quelle sera, selon vous, la prochaine célébrité française à nous endeuiller de sa mort après avoir bien vécu à rien foutre d’utile ?
1 : Guy Bedos ? (d’un cancer long et douloureux, pour faire comme Desproges, double hommage)
2 : Michel Drucker ? (euthanasié en grande pompe avec sa chienne – Olga - car qu’allons-nous bien pouvoir faire de lui ?)
3 : Jean d’Ormesson ? (écrasé accidentellement par un tronc d’arbre en pleine tempête, pour qu’on n’oublie jamais la légèreté de son œuvre, sa vie, son style, ses mystères)
4 : Thierry Ardisson ? ( d’un cancer foudroyant au rectum, car y pue du cul ! Ha hin hin hinnnnn !)
5 : Line Renaud ? (tombée bêtement de la tour Eiffel, en plein enregistrement des « humbles et grandioses mémoires emphatiques de la vie d’une star française à Paris pleine de secrets, de talent, de pognon, et de noblesse d’âme », qu’on diffusera pour l’occasion, en manière d'hommage, avec la promo des albums de tous ses enfoirés d’amis. Cet hommage aura gagné en tragique ce qu’il aura perdu en grotesque)
6 : Stephane Guillon ? (brûlé vif tandis qu’il cherchait péniblement une bonne vanne en fumant sa clop au lit…ironie ! sourire cynique…trop fort)
7 : Michael Flame ? ( d’un fou rire et d'étouffement, pour s’être ainsi gratuitement moqué des plus grands, de l'air du temps, bien fait !)

Légèrement,

MF

A lire en écoutant "Franck Sinatra", de Miss Kittin & The Hacker :
http://fr.youtube.com/watch?v=dYuMS_ysQbA&feature=related

Posté par Michael Flame, jeudi 17 janvier 2008 à 20:13

DJ Litt' Académy!

Bonsoir Marc,

Je viens de vous lire. Votre texte, beau, est loin de me laisser indifférent, littérairement parlant. Mais il n'y aura pas de "mais", je n'ai pas le temps!! Au plaisir de vous relire.

http://fr.youtube.com/watch?v=u2UhQAhLc2Y&feature=related
Respectueusement,

MF

Flash pub!

"Bon j'ai assez d'éléments, je peux déjà rédiger mon énième article, sur le carnet de bord de ma conscience sans avis, la part de raison qu’on a tous plus ou moins. Ca y est, j’ai fini mon papier, j'y ai mis ce que je vous ai dit avant, je vais aller me coucher, je reprendrai demain. En attendant, ma journée raconte ca : une histoire invraisemblable.

C'est une histoire invraisemblable, mais vraie : la littérature a enfin trouvé son dieu vivant. Sa déesse même. Une jeune auteure, inconnue, sort le meilleur bouquin de tous les temps...mais vraiment! Tout le monde, même les plus cons, même les plus intelligents le disent, sont devant le fait accompli : ce livre est tout simplement ce que j’ai lu de mieux dans ma vie! La preuve, personne n’arrive à en parler véritablement. Comme après un choc trop violent, on n'en parle pas. On n'arrive pas. Certains témoins sont carrément allés consulter, leurs psy, que j'ai interrogés, et qui les ont questionnés aussi, encore et encore, rien à faire, ils n'obtiennent qu’une réponse débile, toujours la même : ce livre m'a tué, je n’ai plus de raison de vivre, de lire, de rien faire...avec de légères variations selon le patient : "même moi qui suis plutôt sport et ciné voyez, pas trop lecture, je n’ai plus envie de rien faire maintenant", "ah putain, moi qui pense qu’à niquer, je bande plus maintenant docteur", ou encore : "vous savez, c’est terrible de savoir que l’on a passé sa vie à écrire des thèses sur un pauvre Nietzsche de merde, quand on lit ca après, on tombe de haut, on passe pour une conne docteur....". En gros voilà...mais toujours ce refrain, avec plus ou moins de larmes, plus ou moins de mouchoirs, plus ou moins de Rriiiinch, mais toujours autant de "oui...je comprends" de la part de psy complètement dépassés par le problème. Je leur ai demandé, pensez bien : "Mais vous avez lu ce bouquin qui pose problème ?", eux m'ont répondu : "Pensez bien que non, trop de boulot". Enfin bref, les gens allaient mieux, et le vivaient mal. L’hiver approchait, substituant à la neige infernale d’un été mortel d’irréelles canicules automnales. Le monde s’égare, et c’est plus fort que lui.

Comment l'écriture, humblement humaine et imparfaite, peut-elle rendre hommage à une pareille histoire ? C'est ce que je vais tâcher (tacher ? non, tâcher) de faire...en toute objectivité. Mais, ceintures détachées. Jeu de mots, jeu de vilains ! Youpi c’est parti.

« Eh, mais ! employez-la, cette ardeur merveilleuse
Et comme une affaire amoureuse
Conduisez votre fiction !
Le hasard nous rapproche, on se plaît, on demeure ;
Chaque jour creuse un lit à notre passion ; » (« Prelude sur le théâtre » dans le Faust de Goethe)

Le réveil sonne, c’est la radio. Je prends l'entretien matinal en cours : "...et je ne peux pas vous répondre, je pense que mon livre est bon, oui, mais d'y voir une telle émulation, ca m'inquiète, je ne vous le cache pas. Je..euh, je peux pas gérer le bonheur des gens, je suis tout simplement ravie d'en procurer, j'aime beaucoup lire moi même, j’ai toujours eu envie d'écrire ce livre, maintenant c'est fait, il plait au monde entier, comment voulez vous que je réagisse face à ..hum, je sais pas moi".
Pauvre Paula, ils vont la tuer. Je vais la sauver moi, je dois absolument la trouver, et lui demander deux trois choses. J'ai pas lu son bouquin, déjà je vais pas lui prendre la tête.
Je me lève donc, ravi d'avoir trouver un but à ma journée : réussir à rencontrer Paula. Je me mêle pas de l'avis des autres aujourd’hui, j'ai donné hier.

Putain, mais on n'a pas le choix. A peine sorti, l'avis des autres vous rattrape. Un total inconnu, petit vieux qui nourrit les oiseaux du parc de ma résidence, s'effondre devant moi. Je l'aide à se relever. "Et beh pépé, rien de grave j'espère?"...le vieux, toujours dans mes bras, et toujours pas décidé à prendre appui et se relever, me lâche dans un sourire ébahi, d'une voix frêle, comme si j'étais chargé de soins palliatifs : "Oooo non...je vais très bien, grâce à Paula.. vous l'avez lu ce livre mon jeune ami ?". Comme étourdi par ce spectacle pathétique et émouvant, celui de la joie simple d'un vieux, qui se trouve bien par terre à me dire que tout va bien, je réponds connement "Euu, quel livre ? Attendez, relevez vous déjà...voilà..". J'essuie machinalement les feuilles rousses de cette fin d'automne, celles qui pendouillaient par une force mystique sur l'épaule improbable de ce vieillard, lui même à la fin de son cycle vital, et lui, continue inlassablement : "Et bien...le livre de Paula, tenez...". Là il me sort un bouquin, indéfini. Je regarde...Oui, c’est bien celui là. LE livre de Paula, tout corné, lu et relu. "Tenez, tenez..." me répéta-t-il, avec cette insistance qu’ont les vieux à vouloir nous offrir un peu d'eux mêmes. "Prenez mon ami...vous me direz si vous avez aimé". Je pris le bouquin, tout en exagérant 1000 remerciements pour lui faire du bien, voyant qu'une larme traîtresse s'échappait de ses yeux humides, depuis trop longtemps humides pensai-je. Je le reconnaissais enfin. C'était LE petit vieux esseulé du coin, celui qu'on oublie à chaque fois qu’on part trop longtemps quelque part, ou quand on revient d’une soirée arrosée, ou de vacances, mais lui bouge jamais de sa place. C'était mon petit vieux. "Aaaa mais c’est vous euu, monsieur..." lui lancé-je alors, "Oui, c’est moi ! Vous vous rappelez de moi ! Ca me fait plaisir !"...Il me répondit ca par prévenance, j’avais honte. Il fit sûrement semblant de penser que son nom ne valait pas la peine d’être rappelé. C'était lui, ca suffisait, il voulait pas m'emmerder, ce petit vieux pas bavard, même pas avec les oiseaux. Je lui souris, et ne pouvant rester circonspect devant cette larme qui prenait le temps de couler, je lui dis "Vous vous êtes pas fait mal, c est sur ?", "Non non !" reprit-il dans un sourire qui valait bien un vrai rire : "J’ai la conjonctivite...ma petite-fille-que-j’adore, m'a ramené mes gouttes, ca va allé. Je voulais lui remettre le livre de Paula, elle m’a dit qu’elle n’avait pas le temps. Prenez le donc, je vous assure, vous me le rendrez bien un jour mon petit". L'ayant déjà pris pourtant, je redis merci, et parti. (MP3 : Autumn leaves, Eva Cassidy)

Paula, étrange tout de même. Et puis le regard du vieux, quand je me suis retourné. Il avait l'air d’un vieux heureux d’être debout et seul, même sans les oiseaux. Tout perdu là, dans le parc, qu’il était, semblable à lui-même. Il devait être encore au même endroit à l'heure qu'il est, entrain de caqueter les miettes de son bonheur, de sa vie, de sa Paula même, si ca se trouve. Allons bon. Non, non et non, je ne lirai pas ce livre, pas tout de suite. Enfin, la première page semble vouloir s'ouvrir d'elle même. Normal, on a écrit dessus. Je lis en effet : « A toi et pour toi ma douce Constance. Excuse moi, je l'ai un peu corné. Viens m'en parler quand tu l'auras lu, si tu as le temps. Embrasse tes parents, et surtout, prends soin de toi mon enfant. ». C'est signé ton Papi qui t'aime. C'était donc papi, et pas pépé, j'ai quand même un peu honte. Je le jette sur le pare brise, il tient bien là, avec mon porte feuille dessus. Je m'arrête sur le boulevard de la possibilité d'un aléas. Etrange nom pour un boulevard. Je prends la monnaie qui me reste, et je repose mon porte feuille sur la bouille de Paula. Mignonne tout de même sur le bordereau de l'éditeur. Là dessus, je sors prestement de ma caisse. Je vais à mon café préféré – ca faisait une paie que j’y avais rien acheté - il me faut des clop, sinon le but de ma journée c’est mort. Faut pas croire, le but des fumeurs, c’est le même que tout le monde : avoir un autre but dans la journée que fumer, si c’est possible. Et quand on a enfin ses clop, on peut se permettre ce genre de petites ambitions pas chères...enfin, de plus en plus chères quand même, satanées taxes. Je m'égare. Les gens sont bizarres, ils sourient tous, prennent le temps de marcher. Ils se regardent marcher j’ai bien l'impression. C'est pas normal. Aucun bruit, sinon celui du temps. Il faisait pas vraiment beau, ni vraiment moche, mais c'était beau à voir. Le soleil luttait derrière des nuages gris timidement regroupés, conférant une lueur argentée tristounette à ce silence anormalement paisible. N'empêche, je rentre dans le café. (MP3 : Blue Sky, Julia Fordham)"

in Récit d'un écrit vain, de Michael Flame! (coming soon...)

Chers lecteurs-blogueurs, maintenant c'est à vous de voter! Tapez 1 pour MV, 2 pour MF. A très bientôt! (CLAP CLAP CLAAAAPPP!!!!)

Arf...

http://fr.youtube.com/watch?v=8DsfzvMpG40&feature=related

Posté par Michael Flame, jeudi 17 janvier 2008 à 21:51

Al Qaida est de gauche!

Bonjour à toutes et tous,

Voici peut-être la nouvelle la plus réjouissante, la plus féérique, de la journée : Belphégor existe bel et bien, et il est de gauche!
En effet, un journaliste nous informe (http://www.leparisien.fr/home/info/faitsdivers/articles.htm?articleid=295992522) que la veuve noire nous informe :" La France sera punie". Si l'on peut débattre, s'insurger contre une telle politique, il faut néanmoins reconnaitre que pour un journaliste, c'est une aubaine. Cette passion de toujours réduire la politique à de la gauche, ou de la droite, ce goût d'informer sur du sensationnel qui rompt la monotonie de leur boulot de con, tous ces JT qui nous émeuvent de toute vie humaine qui disparait, qui meurt, qui se fait tuer, etc. Chacun de nous a le droit d'etre informé, et d'informer les autres! Les journalistes sont de grands passionnés de la Vérité, et toute vie les intéresse, surtout morte. Ou mieux, bientot morte : ainsi, pure information, déjà historique (on n'en doute pas, comme le 11 septembre ce sera un grand moment d'émotion à vivre devant sa télé, devant tous ces cons endimanchés sur le qui-vive, qui-est-mort, pour qui pourquoi, bla bla bla, ca n'est que...de...l'in-for-ma-tion...sourire gravement neutre et objectif), la France sera punie. Futur de l'indicatif, elle le sera, nous informe-t-on, à grand renfort d'appat du lecteur français (qui a le droit d'etre informé qu'il pourra se faire buter prochainement, même s'il ne pourra rien y faire) "Interview EXCLUSIVE avec la veuve noire". Ce gout du sensationnel jusque dans la titraille fait évidemment le jeu des terroristes, c'est ce qu'ils veulent, ils ont bien cerné objectivement le pouvoir des journalistes, la noblesse de leur boulot d'information. Si l'on peut fliper légitimement à l'idée de payer à la place de Sarko un alignement avec les Etats-Unis, gageons que les plus grands intellectuels nous rassureront, nous exhortant à "rationnaliser" la peur, c'est ce que les terrorirstes veulent, n'y cédons pas. Evidemment, un intellectuel peut se payer le taxi. Mais tous ces cons qui prennent le métro auront beaucoup plus de mal à rationnaliser, ca leur apprendra à manquer de culture et d'esprit critique, bien fait! D'ailleurs, la culture et l'esprit critique rapportent moins que la connerie, cf des métiers comme "journaliste", avec des titres alléchants et sans conséquences politiques, tels que "Interview exclusive avec la veuve noire" (ils auraient rajouter un point d'exclamation à la fin, que ca aurait été plus honnete! leur neutralité ne tient qu'à ca, à l'omission d'un petit point d'exclamation). La menace est partie des services secrets espagnols. En France, on n'aime pas le secret, car informer sur tout et rien rapporte beaucoup, ca fait rever beaucoup de gens, ca fascine les media tout ce qui attrait à la souffrance, la mort, la peur, toutes ces choses anxiogènes qui légitiment des émissions de divertissement animées par des gens sans culture, qui se déplacent aussi en taxi, et qui pourront soulager les français, bientot, au sortir des attentants, en recevant la magnifique Line Renaud, qui nous expliquera que Al Qaida, c'est comme le Sida, c'est paaaas biennnn...et on achètera son roman biographique pour la peine, l'humilité ca fait craquer le peuple. Bref, je me réveille, et déjà ma douce haine des media me donne la pêche pour la journée. Tout est prévisible et historique de nos jours, c'est génial! On sera puni, la veuve noire est de gauche, Carla Bruni sera en sécurité à L'Elysée, elle prépare déjà une magnifique chanson avec Renaud pour condamner la peur que propage les media, euh, Al Qaida, en l'opposant à l'amour etc, la protection de la Terre. Ca sera surement un tube historique. Franchement, que demande le peuple! Il a voté pour Sarko en plus, c'est vrai. Pouvait il en etre autrement? Sarko a manipulé les media, en retournant leur manipulation du peuple à son avantage. Les terroristes, pourtant de gauche, sont aussi malins que Sarko. Allez, on trouve un ptit journaliste français, on lui accorde un entretien exclusif, qu'il diffusera, que ses confrères propageront dans leur compétition effrénée de celui qui trouvera le titre le plus alléchant, le plus vendeur, et tout ca, ca n'est que...de...l'in-for-ma-tion...vous me direz, j'exagère...je pense que ce soir le JT n'en fera pas des tonnes, il l'évoquera entre deux reportages émouvants, ou deux morts (un gamin et un pompier, tragiques...reportage signé ducon, salope). Leur tour viendra, y a plus qu'à attendre la punition, émouvante, et qui fera grimper l'audimat, car tous les francais épargnés (beaucoup plus nombreux que ceux qui trinqueront...mais beaucoup plus) voudront etre informés. Les media se régaleront de tout ce buzz qui leur redonnera une autorité certaine. Sarjo, typiquement jaloux, voudra reprendre les choses en main, et prendra au mot la devise de la veuve noire "j'vais vous dire une chose, Al Qaida...qui sème le vent...récolte la tempete...(grandes saccades d'épaules)" Il remontera dans les sondages, à grand renfort de "politique de civilisation, je le dis clairement", Fillon baissera, la gauche s'alarmera (trop tentant de donner son opinion en cette période de trouble pour regagner l'estime des francais pour 2012), et tout ce bordel sera relayer par les media! J'adore la France, c'est magnifique, la liberté d'expression, d'opinion, etc. Le pire, c'est que cette veuve noire dit pas que des conneries, discursivement. Je lui propose de faire sauter l'intéressé, l'Elysée on s'en remettra, vu qu'on construira des sublimes palais pour notre monde nation gourverné par 7 présidents mondiaux, j'y reviendrai un jour. Ou bien qu'ils fassent sauter le JT de France22, ca aurait un impact historiquement immortalisé, énorme, et ca ferait peu de victimes! Meme pas chiche...Bon, en attendant, ce soir nous aurons droit d'etre informés sur beaucoup plus historique, avec ce "complément d'enquète" sur la suppression de la pub sur le service public, etc. Hier, Paul Amar a fait son magnifique boulot d'information en lynchant, pardon, en revoyant et corrigeant ce pauvre Zemmour et son ROMAN, qui fait scandale, car sa liberté d'écrire offense ce que les media consacrent (et ils sont tres bien payés pour) : la société civile, les vies humaines, les droits des citoyens, l'émotion, etc. La connerie des gens qui les admirent dans leur quasi-objectivité. A coté, cette veuve noire a été tres bien interviewée. Mais bon, Zemmour c'est plus facile de s'en moquer, c'est vrai. Putain d'époque...

Hystériquement,

MF

Flash pub!

"Non, qu’on se le dise, et qu’on le répète : la politique est rentrée dans son « petit petit » Sarcophage, règne de l’image, et la gauche est indigeste, bye Sego, même à la météo y sont plus charismatiques qu’elle (« elle » Sego, ou « elle » la politique ? Réponse : Pour ce que ça change…vote Mistinguette, t’as trop le choix, tu gagneras rien !) Sarko non plus il est rien : les gens pensent qu’il a le pouvoir, ça suffit ! Il a déjà un pied dans l’Histoire de France et du Monde. Reste plus qu’à hisser le deuxième tout en haut, et c’est bon « petit petit ». Tout ce qu’y pourra faire de mieux, c’est ce qu’y pourra faire de pire : la guerre, en Iran, ou ailleurs, peu importe, mais la guerre ! Bah oui, t’entends pas « Postérité » dans « mort des autres » ? Attends de voir…là y dit que non, y minaude, l’engin tendu sur le bouton…Remarque, vu le nombre de jeunes paumés et de chômeurs, on aura que ça à foutre d’aller buter et se faire buter à sa place (y fera son jogging en sifflant la Marseillaise, trop occupé).

« MES chers compatriotes !…J’AI le POUVOIR (médiatique, sourire cynique…), et le pouvoir c’est VOUS ! (« CLAP CLAP CLAP CLAP ! ! ! ») JE VOUS dois TOUT ! (« flash flash flash flash ») JE serai le PRESIDENT de TOUS les Français, et de TOUTES les Françaises ! De TOUS ces ETRANGERS, n’ayons pas PEUR des MOTS, que JE VOUS enverrai REGULER dans un tank surprise ! (« CLAP CLAP CLAP CLAP ! ! ! ») JE LEUR vendrai les armes qui les feront VOUS tuer, VOUS et TOUS les autres ETRANGERS, et TOUTES les autres ETRANGERES, JE le dis CLAIREMENT ! Il n’y aura pas de RUMEURS, pas de POLEMIQUES, pas d’ALIBI à ce SUJET, JE VOUS ai TOUT dit, et JE VOUS dirai TOUT ! ! (« flash flash flash flash CLAP CLAP CLAP ») JE ne vois pas au nom de quoi la LYBIE…n’AURAIT pas le DROIT…de se doter d’une EDUCA, euh…d’une ARMEE, pour se DEFENDRE ! ! ! (hurle-t-il pacifiquement, comme illuminé par la grâce) MERCI ! (sourire médiatique) (« flash flash CLAP CLAP CLAP flash flash flash flash CLAP CLAP CLAP ! ! ! ! ! ») OUI ! ! JE serai le PRESIDENT de TOUS les FRANÇAIS, y compris de CEUX qui, (« CLAP flash CLAP flash CLAP CLAP flash ! ! ! »)…Merci !… CEUX qui n’ont pas VOTE pour MOI ! ! (sourire revanchard) (« OUUUUUUUUUUuuuuuu ! ») NON ! S’il VOUS plaît…Respectons-LES…(« CLAP CLAP CLAP CLAP ! ! !) ET MEME, JE serai le PRESIDENT de CEUX qui (sourire despotique, populaire, orgasmique), de CEUX, et CELLES, QUI N’AURONT PAS VOULU VOTE TOUT COURT ! ! (« Ouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu ! ! ! CLAP CLAP CLAP CLAP ! ! flash flash ») Vive la France ! ! ! Et vive la LIBERTE ! ! ! (triomphe public, médiatique, indicible et sublime) » (Pendant ce temps, devant leur poste, Monsieur et Madame Michu, qui ont voté pour Sego : « Tiens tu vois ? Je te l’avais dit que c’était lui l’homme qu’il nous fallait, et pas cette morue de Sego, enfin ! » « Oh oui, quel HOMME ! Ca nous changera de Chichi, tu verras », « Oué, cette fois j’y crois, tiens, je m’en ressers un ptit pastis, et je » « Chut ! C’est Mireille qui va chanter ! ») / « Ensemble : QUE la PAIIIIIIX SOIT sur le MONDE….Donnez-nous 1000 Colommmmmmbes !….Faites un jour, que TOUS LES HOOOoOoOOOMMES Rrrredeviennnnnnent dééééééé ZENFANNNNNN ANN AAN Aan aAn AAn ! !…(silence général émouvant) Encore ! Dooonnez-NOUUUUUS MIIIIILLLEEEE ColoooommmBBBES… » (sourires gênés de Sarko et de ses amis les plus riches + « CLAP CLAP CLAP CLAP ! AGUEUUUUU ! flash flash flash flash » ) Ensemble, tout devient possible, il avait pas menti ! Ca vola haut les colombes à la Concorde. Le voilà notre petit sarcophage…Ce qu’y fera de mieux, c’est ce qu’y fera de pire, « petit petit ». L’a déjà commencé médiatiquement, ce fut le plus dur. Alors, bien sûr : comment ON en est arrivé là ? se demandent en direct dans la télé tous les plus grands politiciens, politiciennes, journalistes, et journalistes (« bla bla bla » « Non, bla bla bla » « Certes, mais bla bla bla » « Pfff vous oubliez que bla bla bla » « Je ne vous permets pas de bla bla bla » « Notre victoire c’est l’APPEL…des Français…bla bla bla » « Je crois que le message est CLAIR, et HISTORIQUE : les Français se PASSIONNENT comme jamais pour la politique et bla bla bla » « Je salue les Français zé les Françaises, et les félicite de leur magnifique élan démocratique et bla bla bla » « Vous êtes bien en direct sur TF1, c’est historique et bla bla bla » « Tandis que Mr Bidule se prépare et que Madame Machine nous quitte, je précise que vous êtes de plus en plus nombreux, et nombreuses, à nous faire part de vos réactions, de vos commentaires passionnants, et passionnés sur France22.fr, c’est THI-STO-RIQUE…Alors Mr Bidule, ces commentaires nous disent en substance que bla bla bla…que ré-pon-dez-vous aux téléspectateuuurs, tant les hystériques, on peut les comprendre…que les déçus, on peut les comprendre…» « Et bien, je réponds tout simplement que bla bla bla » « Non, je ne suis pas d’accord avec vous, je le dis CLAIREMENT, car bla bla bla » « Attendez, vous me faites rire ! C’est bien de Gaulle qui bla bla bla » « Mais non, Mitterrand l’a fait bien après lui, et d’ailleurs bla bla bla » « TAISEZ-VOUS ! svp…Madame Sego en duplex…Vous nous entendez ?…Ok…Madame Sego, vous apparaissez tout sourire, à l’image !…un sentiment de déception tout de même ?…Respectez-vous le choix de TOUS ces Français, et TOUTES ces Françaises qui festoient à la Concorde, et surtout le choix de ceux, et celles, qui nous écoutent, beaucoup plus nombreux, et nombreuses ?…Vous ne répondez pas à la question Madame Sego ! Res…Respect…Madame Sego ! svp…Respectez-vous le choix de TOUS ces Français qui vous regardent ?…hein hein…Enfin, dernière question professionnelle de la rédaction, Madame Sego : reconnaissez-vous votre entière responsabilité dans cet échec -et toc- ?) Bla bla bla…



Je vais te le dire moi, comment ON en est arrivé là, accroche ta ceinture Mistinguette, on redescend de la Concorde, et on dit CLAIREMENT comment ON en est arrivé là : tout simplement grâce à la nouvelle politique, L’APOLITIQUE, qui tire toutes les ficelles, ON y vient, Mistinguette, sans transition, direct : Magneto KehlkON !" etc...

in Récit d'un écrit vain, de Michael Flame! (coming soon...)

A lire en écoutant "la veuve noire", de Mylène Farmer : http://fr.youtube.com/watch?v=RVorhHbBqRI

Posté par Michael Flame, lundi 21 janvier 2008 à 08:38

Complément de commentaire

...suite à un petit problème technique (lien qui foire), on m’informe que le reportage est enfin…dis-po-ni-ble…je vous le copie-colle (sinon, à quoi ca sert que notre ami Ducos y se décarcasse ! lol)

« TERRORISME.
La « veuve noire » d'Al-Qaïda : « La France sera bientôt punie » Propos recueillis par Jean-Marc Ducos
lundi 21 janvier 2008 | Le Parisien

Au lendemain des interpellations d'islamistes en Espagne, les services secrets de ce pays ont alerté la France sur des risques d'attentats lors de la venue du président pakistanais Musharraf. Des menaces réitérées aujourd'hui, par Fatiha Mejjati, égérie d'Al-Qaïda.

CERTAINS l'appellent la « veuve noire d'Al- Qaïda ». Fatiha Mejjati, 47 ans, est la veuve de Karim Mejjati, un Franco-Marocain, abattu en avril 2005, en Arabie saoudite . Son mari est soupçonné d'avoir été le cerveau des attentats de Madrid du 11 mars 2004 perpétrés au même moment dans plusieurs gares de la capitale espagnole provoquant la mort de 195 personnes. Un carnage commis 911 jours après celui du 11 septembre 2001. La pasionaria d'Al-Qaïda prévient que « la France sera punie » pour « son allégeance à l'Amérique ». « La France ne sera plus épargnée ni protégée », assure cette femme, un temps au sommet de l'organisation terroriste, dont le mari est aussi accusé d'avoir coordonné les attentats de Casablanca du 12 mai 2003. Bilan : 45 morts. Une attaque qui précédait de quatre jours l'attaque, à Ryad (Arabie saoudite) le 16 mai 2003, d'un complexe résidentiel pour occidentaux où 35 personnes avaient trouvé la mort.

Nous avions rencontré, au mois de juin, Fatiha Mejjati, porte-drapeau de l'organisation terroriste que nous avons recontactée régulièrement et notamment hier après ces nouvelles menaces détectées par les services de renseignements espagnols. Elle tient des propos extrêmement virulents et outranciers mais qui éclairent sur la stratégie d'Al-Qaïda.

Quelle est la réalité de la menace contre la France ?

Fatiha Mejjati . Elle est désormais évidente. Le sanctuaire français n'existe plus. La politique étrangère de la France s'aligne sur celle des Etats-Unis. La France ne sera donc plus épargnée. Nicolas Sarkozy est devenu le jumeau de George W. Bush. L'indépendance politique de la France n'existe plus comme sous le président Jacques Chirac. La France est donc une cible prioritaire. Chaque jour des civils musulmans sont massacrés en toute impunité et l'Irak est devenu un concentré de tous les crimes de guerre. Les premières victimes sont des enfants et des femmes. Où sont les organisations féministes occidentales si moralisatrices d'habitude ? On dit chez vous : « Qui sème le vent, récolte la tempête ».

« Quand on fait la guerre, il faut s'attendre à recevoir la guerre »

Pourquoi cibler la France ?

Il est clair que la France sera bientôt punie. La France est déjà menacée comme tous les pays qui font allégeance aux Etats-Unis. Des troupes françaises sont d'ailleurs toujours présentes en Afghanistan, sainte terre d'islam, et doivent se retirer sinon vous devez vous attendre à des représailles. Le voyage de votre président à Kaboul a provoqué un déclic. Al-Qaïda tient toujours sa parole. Quand on fait la guerre, il faut s'attendre à recevoir la guerre. Quand Sarkozy va en Arabie Saoudite, c'est pour vendre des armes contre les musulmans. Cette politique vous expose dangereusement alors que vous pourriez vivre en paix. Que la France s'occupe de la France.

Comment expliquez vous votre passage d'une femme libre à celui d'une militante forcenée ?

J'admirais sincèrement l'Occident tout comme la démocratie. Je croyais à la laïcité et à l'égalité. Cela faisait partie de mes convictions les plus intimes. J'étais athée. Je suivais la mode parisienne, je portais des tailleurs, des jupes courtes et des talons hauts. Je sortais en boîte. Mais il y a eu cette première guerre du Golfe et ce fut comme une baffe ! J'ai vécu une crise identitaire. Quand j'ai voulu porter le voile, ma vie est devenue un véritable enfer au Maroc. On me traitait de corbeau. Un seul choix s'imposait à ma famille, rejoindre la république Islamique d'Afghanistan pour vivre notre vie de musulmans.

Mais le régime des talibans est à l'opposé de la démocratie ?

Islam et démocratie sont incompatibles. La majorité n'a pas toujours raison. Et le peuple ne connaît pas toujours non plus ses intérêts. En islam, il n'y a pas de majorité, c'est l'expérience et le savoir qui commandent. Lorsque les talibans auront repris le pouvoir en Afghanistan, je suis prête à y retourner. Là bas, on vivait dans une véritable dignité. L'Arabie Saoudite n'est pas une terre islamique pour les vrais croyants. Elle a toléré des impies sur son territoire. Et quand le peuple palestinien choisit démocratiquement le Hamas, la communauté européenne lui coupe les vivres. La démocratie est seulement valable quand elle porte au pouvoir des régimes favorables aux pays occidentaux. »

Sans transition, toujours dans les faits divers régionaux, un autre reportage, émouvant, quasi-objectif, et sans pathos, signé Princess Aniès :


http://www.dailymotion.com/relevance/search/princess+anies+darfour/video/x3m0w3_princess-anies-au-carrefour-de-ma-d_music
Voilà, vous pouvez acheter son album. Nous vous rappelons que le téléchargement est IN-TER-DIT si vous ne possédez pas déjà…ce…chef…d’œuvre.

C’est la fin de cette édition, tout de suite vous retrouvez la météo, motus, et ne loupez pas ce soir notre « complément d’enquète » sur…France22…service public…bonne journée, bande de con-ci-toy-ens… (sourire niaisement professionnel) tintintintinnnnnnnnnnn.

Faits-diversement,

MF

http://fr.youtube.com/watch?v=sd5NDk4SUqo

Posté par Michael Flame, lundi 21 janvier 2008 à 09:34

M. et les Eveilleurs d'Etat

De la très belle littérature pour ce texte d'une grande intensité. Je ne puis m'empêcher de comparer sa composition à l'écriture d'un impromptu dont chaque note, chaque temps, de la ligne mélodique à la ligne harmonique, ont été choisis avec un soin tout particulier.
La fiction et son antonyme cohabitent avec dextérité, ciselés dans une cadence intemporelle.

Posté par françoise b, samedi 26 janvier 2008 à 22:40

Vous persistez, chère Françoise, à investir d'intelligence mes mots ou mes textes... Merci.

Posté par MV, dimanche 27 janvier 2008 à 14:04

Musique à l'estomac

Bonsoir les amis,

C'est vrai que Françoise a l'art du compliment! Et je note que l'analogie musique/littérature vous plait. Je me souviens que le pianiste de France 2 disait une fois que, pour lui, toute forme d'analogie entre les arts ne lui paraissait pas pertinente. A l'inverse, Kundera s'investit de cette "intelligence" que Marc feint d'ignorer. Et oui...comme dirait Dutronc, la modestie c'est l'art d'être doué deux fois! Sacré Marc! Mais c'est vrai qu'il est doué ce con, en plus! lol Passons la notion d'"intelligence de composition", pouvez-vous nous expliquer chère Françoise, l'importance, ne serait-ce que purement intellectuelle justement, que vous accordez à cette analogie entre vos deux passions, la musique et l'écriture(lecture)? Je vous demance ca, car ca m'intéresse aussi, vous n'etes pas sans l'ignorer! Mais n'ayant pas le quart du dixième de votre connaissance, que ce soit dans la musique, ou dans la littérature, j'aimerais vraiment connaître votre point de vue de femme touche à tout. Ca m'ouvrirait surement des perspectives intéressantes de relecture de vos textes ;)
Pour alimenter cette discussion, je vous copie-colle ce qu'en répondait Alain Mabanckou ("Mémoires de porc-épic") dans une interview en 2006 :

"La musicalité semble très importante pour vous : vous pensez même écrire un livre à partir de chansons !

Ce livre s’inspirerait tout simplement d’histoires contenues dans des chansons… Je suis encore en train d’y réfléchir ! Il faut que ça se précise. Vouloir mettre de la musique dans un roman est un projet très ambitieux. C’est aussi un hommage que j’aimerais rendre à la chanson : car lorsque j’écris, c’est toujours avec un peu de musique en fond sonore… La musique peut nous plonger dans une condition, dans une nostalgie, ou un certain état d’esprit qui permet de nourrir l’inspiration. Et pour qu’une phrase coule, il faut beaucoup de musicalité…."

Voilà. (CLAP CLAP CLAP CLAAAAPPP!!!)

Voyez que cette analogie mérite d'être précisée, selon l'usage, l'ambition esthétique, etc : s'agit-il de colorer une "histoire" (faite de mots, rappelons-le) en lui donnant un timbre "cinématographique", en quelque sorte (imagination du lecteur + musique), ou bien s'agit-il d'y rechercher l'essence d'un style, d'une musicalité proprement poétique, auquel cas l'analogie avec la musique ne s'inscrit que dans une tentative d'intellectualiser, c'est à dire de penser, l'écriture, pas de la constituer, de la réaliser. Ce qui me renvoie à une autre problématique qui m'est chère, le conflit écriture/autolecture, et plus généralement, littérature/culture littéraire, voire ici, musical, et je rebondis sur le sujet qui nous réunit. En clair : l'équation mots = musique est elle un mythe, par ailleurs légitime sur un plan intellectuel, ou non? Car c'est vrai...j'ai bien le sentiment, moi aussi, qu'il y a quelque chose que se partagent la musique et l'écriture/lecture (et par extension, l'entreprise d'un récit, quelqu'en soit le genre, la teneur, etc), parfois. Je n'ai pas ressenti cela chez Marc, bien que son texte soit beau, par ailleurs. C'est précisément dans ce qui échappe à la modestie, pas que rhétorique et ludique, de Marc, que j'aimerais connaître votre éclairage chère Françoise! Parlez-nous de vous, quoi. En y mettant tous les orgues et les bémols que vous voudrez ;)

Servicepubliquement,

MF

A lire en écoutant "La musique", de Nicoletta : http://fr.youtube.com/watch?v=AYl6J-RTyR8

Posté par Michael Flame, dimanche 27 janvier 2008 à 19:26

Commas des mots

Vous faites bien de citer Kundera qui, dans L'immortalité, écrit que la musique est une pompe à gonfler l'âme et dans l'Art du roman, que "la beauté d'un mot ne réside pas dans l'harmonie phonétique de ses syllabes, mais dans les associations sémantiques que sa sonorité éveille."
De l'importance intellectuelle je passerais volontiers vers une destination sensorielle, sans règles et sans vérités, libre de toute dépendance artificielle.
Nous ne sommes pas dans le registre de : « Ce livre s’inspirerait tout simplement d’histoires contenues dans des chansons. » ni dans celui de lire un texte et de le mettre en musique, même de manière simplement auditive. Par ailleurs, je n’y vois pas de « coloration » de l’histoire.
La dimension sensorielle est propre à chacun, avec ses intensités et ses variations. L’écrit originel, mis à nu par son auteur, prend toute son importance lors de la « prise en sens et en effets » des lecteurs. Au-delà des critères de qualité, de jugement et de niveaux, la « musique » littéraire qui m’intéresse (lorsque je la ressens) est celle qui, dans mon espace sensitif, crée un rapport d’harmonie, des pensées qui s’entresuivent et se lient (J. Joubert). Ainsi, toutes mes lectures ne seront pas musique à mes oreilles. L’idée, dans ce cas, n’est pas non plus d’associer une composition musicale existante à un écrit. Pourquoi ne pas considérer qu’un écrit puisse être une combinaison harmonieuse ou expressive des sons ? une représentation simultanée du sentiment de mouvement et du mouvement du sentiment (M. Aguéev, Roman avec cocaïne) ? Ce que vous ressentez (et comprenez) devient fusionnel et passionnel et nul besoin d’en faire un paradigme. Je pense à cet instant à Maurice Chapelan (Lire et écrire) :
« Prédilection pour qui m'oblige à le relire, dans le moment même que je le lis, remontant à l'entrée d'une phrase d'où j'allais sortir, pour le plaisir d'en parcourir de nouveau, soit le jaillissement, soit les méandres et la ciselure. Ce peut être dix fois de suite que je me donne ce plaisir-là. »

Je cite quelques passages des Eveilleurs d’Etat :
« tout autre indice sonore connu, timbre, grésillement, frottement, éclat, mélopée, résonance, grincement, miaulement ou autre sanglot »
Les mots s’entresuivent, associant la forme et le fond. A moins d’être sourd…

« Avec le temps, M. et la poignée de ceux dont il partageait les convictions cédèrent pourtant du terrain, admettant que les mutations enregistrées par le climat dans le courant du vingtième siècle, qui avaient réduit les périodes de lumière naturelle à quatre heures par jour, contraignaient à modifier radicalement les rythmes biologiques et sociaux de l’humain »
Le choix des mots et de leur place (pourquoi « quatre » « radicalement », pourquoi faire précéder « sociaux » de « biologiques » ?)

« La clarté radieuse de son enfance, cette clarté sincère qui déployait son lin sur les monts, les vallées et les plaines, qui scintillait sur les tuiles humides des maisons, sur la corolle des pétales de tournesol et sur la dernière écume de la vague s’essoufflant sur les algues miroitantes, cette clarté-là n’était plus : une toile d’ombre lui faisait obstruction, toile qu’un projecteur aurait comme éclairée de derrière – ainsi, au théâtre, pouvons-nous deviner, en arrière du lourd rideau rouge qui tarde à se lever, de sombres silhouettes qu’agite quelque conciliabule ésotérique ».
La rythmique et la nuance changent, (alliance des mots pour créer l’expression) notez l’importance et le choix de la ponctuation.


« Le ministère public l’a autorisé à prendre soin d’un petit chien auquel il a donné le nom de Thanatos – parce qu’il était le frère jumeau de Hypnos, qui, seul, parvint à endormir Zeus. Il déambule souvent, à pas d’heure, hasardant sa marche jusque dans les rues les moins éclairées de la ville, d’un pas qu’alourdit parfois, et parfois jusqu’à la chute, le souvenir des mondes qui ont chu. »
Changement de tempo, subtile entrée de Thanatos et Hypnos, répétition voulue du mot parfois, choix du mot chute et du verbe choir.

Votre cadence, vos tempi, votre Muse des mots, Michael, sont d’une autre dimension, sont différents et malgré l’apparent antagonisme de vos deux « tempéraments », j’aime vos compositions à tous deux.

Posté par françoise B, jeudi 31 janvier 2008 à 13:38

Voilà bien une chose que le blog m'a apporté et à laquelle je ne m'attendais pas : des lecteurs aussi méticuleux, précis, soucieux de ce qu'ils lisent. Un tel commentaire m'aide à comprendre ma propre écriture, donc merci.

Posté par MV, jeudi 31 janvier 2008 à 14:11

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