- Marc Villemain -

Cyclothymies, fluctuations, paradoxes et autres angoisses...

mardi 15 septembre 2009

Le Magazine des Livres, n° 19

MdL19Très intelligente couverture : Michel Houellebecq, en dehors de toute actualité et en pleine rentrée littéraire. Pour un long entretien avec Joseph Vebret et un percutant commentaire de Pierre Cormary qui en passionneront pas mal et en agaceront au moins autant - et dont je me suis, moi, régalé.

Le nouveau numéro du Magazine des Livres est donc en kiosques, avec de très jolis moments, outre celui-ci.
Frédéric Beigbeder n'y est pas très surprenant, mais Alain Fleischer y est comme à son habitude diaboliquement intelligent, tout comme Hubert Haddad.

Cahier des Livres (traditionnellement) très fourni. Je n'y suis d'ailleurs pas pour grand-chose, n'y recensant que les Interrogatoires de Dashiell Hammett.

Bonne lecture !



mardi 7 juillet 2009

Le Magazine des Livres, n° 18

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Le dix-huitième numéro du Magazine des Livres est en kiosques, avec Céline au sommaire - et en couverture. Point de révélation, mais un retour complet et empathique sur l'écrivain de David Alliot, le regard de Guy Darol sur les Lettres à Céline d'Albert Paraz, et un entretien inédit avec Philippe Sollers.

Mais ce numéro 18 voit aussi l'arrivée en fanfare du camarade Bartleby, qui signe là un long et passionnant article sur
Alain-Paul Mallard, "écrivain sans œuvre".

Numéro très riche, occasions de belles rencontres, avec
Michel Chaillou notamment, Pascal Garnier, Giovanni Dotoli et Frédérique Deghelt.

Le numéro s'articule autour d'un dossier extrêmement complet sur
le nouveau monde littéraire chinois.

Enfin le Cahier des livres, toujours très fourni, dans lequel je ne recense ce mois-ci qu'un seul livre, mais assez étonnant, Mort au romantisme, d'Antoni Casas Ros.

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jeudi 18 juin 2009

Le Magazine des Livres, 17

Le_Magazine_des_Livres__17Dix-septième livraison du Magazine des Livres (désormais mensuel, comme chacun sait).
J'y recense les trois livres suivants :

- Raymond Guérin, Du côté de chez Malaparte, paru chez Finitude ;
- Lionel-Edouard Martin, Jours d'été dans le Sud-Ouest, chez Arléa ;
- André Blanchard, Pèlerinages, au Dilettante.

Mais on lira avec intérêt ce que Frédéric Saenen écrit d'André Gide, dans un article où il fouille la personnalité de l'écrivain dans une analyse à la fois psychologique et biblio-biographique. C'est bien référencé, complet, et, je crois, plutôt bien vu.

L'entretien avec Jean-Marie Rouart, mené par Joseph Vebret, est également assez stimulant à lire, très vivant. De même que les propos de Patrick Rambaud recueillis par Thierry Richard permettent de dresser en creux un portrait très vif de  l'écrivain.

Enfin Amélie Rouher nous fait redécouvrir Mireille Havet, au long d'un dossier très enlevé, adossé à un entretien avec Claire Paulhan et à un entretien imaginaire et intrépide avec Mirelle Havet...

mercredi 10 juin 2009

Vebret bretteur

Car la nuit sera blanche et noire, Joseph Vebret - Jean Picollec Editeur
Critique parue dans Le Magazine des Livres, n° 16, mai 2009

Joseph_VebretCeux qui arpentent son blog ou lisent les éditoriaux qu’il donne au Magazine des Livres (et à d’autres) éprouveront d’emblée une assez grande familiarité avec Car la nuit sera blanche et noire, tant ce roman étoffe les sujets de prédilection et tourne autour des angoisses, que l’on dira usuelles, de Joseph Vebret. Angoisses qui ont certes à voir avec la littérature, mais qui lui sont bien davantage consubstantielles ; ou, dit autrement, qui ne sont existentielles que parce que l’écriture apparaît comme vecteur d’une rédemption que rien ne garantit jamais. L’emprunt du titre aux derniers mots de Gérard de Nerval n’a d’ailleurs rien de fortuit : c’est aussi pour conjurer, ou à tout le moins canaliser sa part folle que le poète écrivait ; et je ne crois pas forcer beaucoup le trait en percevant dans la relation du narrateur à l’écriture quelque écho indirect ou onirique au suicide du poète. Appréciation que conforte l’incipit, placé sous la figure tutélaire de Pavese.

Voici donc un récit plus étrange qu’il y paraît. D’emblée, le décor posé pourra sembler rebattu : un écrivain pris dans les rets d’une écriture dont il éprouve les limites à saisir et consigner un absolu de la pensée et des émotions, mais qui y puise tellement le suc de la vie qu’elle en contamine l’existence, à tout le moins sa perception. Seulement voilà, rien de tout cela ne saurait être univoque. Aussi, très vite, les questions affleurent : est-ce l’écriture qui métamorphose le réel ? ou est-ce le réel qui la phagocyte ? est-ce l’écriture qui rend fou ? ou la désespérante impuissance de l’écrivain à témoigner d’une certaine intensité existentielle ? est-ce le roman, enfin, qui crée le réel – les mots peuvent-ils tuer ? –, ou le réel est-il au contraire à ce point contrariant que seule l’écriture permettrait de s’en rendre maître et possesseur, c’est-à-dire de s’en libérer ? Le ton est donné dès les premières pages : « Écrire pour remplir le vide ; pour être fort. Pour ne pas avoir peur », écrit le narrateur lors d’un de ses nombreux monologues, narrateur qui dévore par ailleurs les journaux intimes d’écrivains afin d’y trouver « le remède qui leur permit de faire leur vrai métier, qui n’est autre que combattre la mort. » La peur, donc. Mais de quoi ? Non pas tant de la mort, finalement, qui a tout pour apaiser, mais bien de la vie ; de la vie, c’est-à-dire de nous-mêmes.

Selon notre humeur, notre aptitude ou pas à habiter le temps, et plus encore à nous habiter nous-mêmes, notre écriture se glissera dans cette peur, ou au contraire en restera captive. C’est une lutte de chaque instant, et c’est cette lutte-là que Joseph Vebret explore, sous les traits d’un narrateur dont on perçoit assez vite qu’il ne lui est sans doute pas complètement étranger. Aussi Car la nuit… peut-t-il passer pour une longue variation sur le thème de l’écrivain, ici dessiné sous ses traits les plus caricaturaux : asocial, égocentrique, dépressif, alcoolique, solitaire, érudit, amateur de femmes (plutôt jeunes). Ce qui devient intéressant, c’est que cette caricature fournit à Joseph Vebret autant d’occasions de la confirmer que de la révoquer : il y a caricature quand l’écrivain devient sensible à celle qu’on fait de lui. On est écrivain parce qu’on se sent tel (et qu’on le prouve en écrivant), mais on peut l’être aussi dans le regard des autres – ce que ceux-là peuvent aussi bien déplorer, railler, ou nous envier.

Ces autres, donc, le narrateur n’a de cesse de les affronter. Sa famille, pour l’essentiel, avec laquelle il n’a, peu ou prou, plus de relations. Une famille plutôt comme il faut, normative, vertueuse, assise sur un gros bloc de valeurs conservatrices, détentrice comme toute autre d’un certain secret. Ce secret, transmis tacitement de génération en génération, a structuré le grégarisme familial, avec pour conséquence d’excéder le narrateur, de l’en éloigner et, peut-être, de conforter ses motifs d’écriture. Ce qui donne lieu à quelques bons moments d’exposition familiale ; ainsi lorsque le narrateur, veillant son père mort, observe que « nous étions enfin face à face. Et seuls. Privilège qu’il m’avait obstinément refusé ces dix dernières années » ; ou encore à l’issue des obsèques, sa mère ayant eu « l’impression que [son] cœur [allait] s’arrêter », ce qui suggère in petto à son fils un « si seulement » lourd de sens. Il y a un peu de cynisme ici, ce qui est toujours réjouissant, mais comme on pourrait le dire d’une politesse du cœur, d’un trait d’esprit qui ne vise qu’à tenir en bride une forme, même obscure, de surcharge sentimentale. Toujours est-il que notre anti-héros va se mettre en chasse et remonter la filière jusqu’au grand-oncle, exécuté dans de troubles conditions et pour de douteux motifs lors de la première guerre mondiale. Le mensonge, ou plutôt l’étouffement de la vérité, régnait alors en maître, jusqu’au moment où le narrateur s’aperçoit que les membres de sa famille meurent les uns après les autres à mesure que son manuscrit progresse. La trouvaille, digne d’Agatha Christie, est de bon aloi, cette succession de morts plaçant l’écrivain dans une situation morale et psychique à tout le moins inconfortable, et achevant de faire de son rapport à l’écriture un absolu aussi désirable que destructeur. Son sentiment de culpabilité, trait déjà saillant de sa personnalité, s’en trouve décuplé et trouve alors à s’immiscer dans une indifférence pourtant presque totale à ces morts. D’un tel cercle vicieux l’on ne peut guère sortir qu’en le contournant et en creusant des lignes de rupture tout autour – l’alcool, la paranoïa, la schizophrénie, la construction psychique d’une autre réalité.

C’est dans ces lignes de rupture, et à fleur de peau, qu’écrit Joseph Vebret, en n’omettant rien des milles et un mobiles de l’écriture. Ce sentiment d’urgence, s’il participe grandement de la vigueur du récit et de son caractère troublant, a parfois comme désagrément d’estomper certains aspects dont, pour ma part, j’aurais aimé qu’ils fussent davantage disséqués. Je pense notamment à l’addiction alcoolique du personnage principal, tant elle court de bout en bout du texte, et dont il aurait été intéressant de considérer comment et combien elle pouvait être constitutive d’une certaine écriture. C’est que Vebret est un écrivain direct, concis, qui ne déteste pas que la narration se fasse par moments brutale ou allusive – son accélération, très bienvenue, dans les dernières dizaines de pages, en témoigne. Cette brutalité n’est d’ailleurs pas étrangère à l’impression de naïveté ou d’ingénuité que laisse le texte, et qui en fait en partie le charme. C’est à l’adolescence qu’on interroge ses velléités d’écriture et de littérature, comme c’est à l’adolescence que l’on pose et se pose les questions les plus absolues : quelque chose chez Vebret continue de les ressasser, trouvant réponse dans la poursuite de l’action, c’est-à-dire de l’écriture : « Chaque livre était un suicide ; chaque commencement de manuscrit une renaissance. Et entre les deux, un véritable travail de deuil s’imposait à moi », fait-il dire à son narrateur. C’est évidemment cet entre-deux qui constitue, et le matériau, et le quotidien de l’écrivain – puisqu’il n’en est pas moins homme –, et qui taraude ici l’histoire de celui qui, « à force de puiser dans le quotidien pour écrire [ses] romans, [a] fini par romancer [son] quotidien. »

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jeudi 7 mai 2009

Le Magazine des Livres, 16

Le_Magazine_des_Livres__16Voici donc la seizième livraison du Magazine des Livres, de très belle tenue.

J'y recense ce mois-ci trois livres :

  • - Car la nuit sera blanche et noire, de Joseph Vebret, chez Jean Picollec ;
  • - Sois près de moi, d'Andrew O'Hagan, chez Christian Bourgois ;
  • - Enfin Le Septième Voile, de Juan Manuel de Prada, au Seuil.

Mais ce nouveau numéro est riche de bien d'autres choses. D'abord un long entretien plein de verdeur avec Michel Déon, mené de main de maître par Pierre Gillieth. Une rencontre très intéressante avec Jérôme Ferrari, signée Léthée Hurtebise. Pour ceux qui l'aiment, un long dialogue entre Philippe Djian et Thierry Richard. La suite de la réflexion, toujours aussi profonde, de Pierre Cormary sur François Mauriac, "l"épouilleur", et, dans le droit fil, l'interview de Jean-Luc Barré sur le sujet (qui a au moins comme point commun avec Jean Lacouture d'être un vrai lecteur de Mauriac), puis une très belle critique de La paix des cîmes, signée Frédéric Saenen. A signaler enfin une nouvelle chronique à suivre avec attention, celle de Christophe Roux sur l'économie du livre.

dimanche 27 avril 2008

Joseph Vebret

Sous le nom de Littératures & Cie, Joseph Vebret relance son blog personnel, et il a raison.

Posté par marc_villemain à 19:05 - Lectures - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mercredi 29 novembre 2006

Le Magazine des Livres

Le_Magazine_des_Livres__1Quelle idée saugrenue, quelle singulière folie, penserez-vous peut-être, que de lancer un nouveau magazine tout entier dédié au livre ! Les lecteurs ne sont-ils pas une race en voie d'extinction ? le livre n'est-il pas le dernier objet télévisuel ? l'horrible-capitalisme-cynique-et-décadent n'est-il pas en train de rogner les derniers espaces de la liberté éditoriale ? etc, etc... C'est dans ce contexte pourtant - ou peut-être à cause de lui - que Joseph Vebret, personnage haut-en-couleur, passionné jusqu'au lyrisme, érudit jusqu'à l'épuisement, et d'une énergie à tout le moins très enviable, vient de lancer Le Magazine des Livres. Comme si la provocation ne suffisait pas, ledit Magazine s'en va, allègre et confiant, à la rencontre de tous les lecteurs, ne néglige aucun auteur - de Marc Levy à Heidegger ! -, se fait l'écho des blogs en pleine efflorescence, et se constitue autour d'une poignée d'écrivains "confirmés ou en devenir" et de "lecteurs avertis" qui, tous, "vivent au quotidien avec l'écriture, plus que de l'écriture elle-même". Sans doute pouvons-nous être un tantinet dubitatifs devant la couverture - plus proche d'un hebdomadaire pipole que d'une révérence au sacré - mais il suffit de ne pas s'y arrêter trop longtemps. Avant d'applaudir tant d'enthousiasme ; et de conclure : bonne chance, et longue vie !

Posté par marc_villemain à 15:30 - Lectures - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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